Une association porte plainte pour «profanation de sépulture» contre les publicités de la Bastille

RESPECT DES MORTS La colonne de Juillet place de la Bastille commémore les révolutionnaires de 1830 qui firent chuter Charles X et ceux de 1848 qui renversèrent Louis-Philippe…

Floréal Hernandez

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Des publicités couvrent le socle de la colonne de Juillet, place de la Bastille à Paris. Une association vient de porter plainte pour « profanation de sépulture » car la colonne recèle les caveaux des révolutionnaires de 1830 et 1848.
 (Illustration)
Des publicités couvrent le socle de la colonne de Juillet, place de la Bastille à Paris. Une association vient de porter plainte pour « profanation de sépulture » car la colonne recèle les caveaux des révolutionnaires de 1830 et 1848. (Illustration) — ISA HARSIN/SIPA
  • Depuis novembre 2016, des publicités recouvrent le bas de la colonne de Juillet, place de la Bastille.
  • Près de 700 dépouilles de révolutionnaires y sont enterrées.
  • « La violation ou la profanation, par quelque moyen que ce soit, […] de monuments édifiés à la mémoire des morts est punie d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende », lit-on dans le Code pénal.

Pas de pub sur une nécropole. L’association Résistence à l'agression publicitaire (RAP) a déposé plainte contre X pour profanation de sépulture, le 23 novembre. Une plainte qui porte contre la bâche publicitaire qui orne le bas de la colonne de Juillet place de la Bastille depuis novembre 2016 et qui cache les travaux de rénovation. En effet, le monument rend hommage aux victimes de la Révolution de Juillet en 1830 mais également aux révolutionnaires de 1848. Près de 700 dépouilles y reposent.

A la place une œuvre d’art comme au Panthéon, une bâche blanche

« Ça faisait un an qu’on réfléchissait comment agir contre cette bâche, explique à 20 Minutes Thomas Bourgenot, chargé de plaidoyer pour l’asso. A force de recherche et de discussion avec d’autres, on finit par trouver. » RAP s’appuie donc sur l'article 225-17 du Code pénal : « Toute atteinte à l’intégrité du cadavre, par quelque moyen que ce soit, est punie d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende. La violation ou la profanation, par quelque moyen que ce soit, de tombeaux, de sépultures, d’urnes cinéraires ou de monuments édifiés à la mémoire des morts est punie d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende. »

A la place des publicités gérées par JCDecaux, marché octroyé par la Drac – direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France –, l’association souhaite la mise en place d’une bâche blanche. Elle demande surtout que sur les monuments nationaux, on applique la même règle qu’au Panthéon en 2014. « Pendant les travaux, c’est une œuvre de JR qui avait été affichée. Le Centre des monuments nationaux avait estimé qu’un monument dédié aux hommes et à la République ne peut être recouvert d’une pub. A la Bastille, on est dans ce cas-là », avance Thomas Bourgenot.

RAP attend la réponse du procureur de la République de Paris. Si l’association n’a pas de réponse, dans trois mois, elle se constituera partie civile. Celle-ci est également mobilisée contre les panneaux publicitaires qui recouvrent la mairie de Paris ou les églises de La Madeleine, Saint-Augustin ou Saint-Eustache, des bâtiments qui dépendent de la Ville.