Les vélos en "free-floating", comme ceux de Gobee.bike, peuvent être  déposés n'importe où sans borne.
Les vélos en "free-floating", comme ceux de Gobee.bike, peuvent être déposés n'importe où sans borne. — Gobee.bike

PARIS

Gobee.bike, OFO et oBike arrivent à Paris... «Non, le free-floating ne va pas tuer le Vélib'!»

Avec près de dix nouveaux acteurs de vélos en libre-service à Paris, la concurrence s’intensifie pour le Vélib'…

  • Pour les acteurs, qui ne suivent actuellement aucune réglementation, le marché parisien est suffisamment grand pour laisser la place à tous.
  • La Ville de Paris compte prochainement imposer une redevance aux différents opérateurs.

Une guerre est-elle en train de se dessiner dans l’industrie du vélo à Paris ? Il se pourrait bien. Depuis quelques semaines déjà, de nouveaux vélos verts et jaunes pétants déferlent dans la capitale et viennent concurrencer les célèbres vélos gris Vélib’. Importés de Chine, ces nouveaux vélos ont un concept novateur : le « free-floating ». Plus besoin d’aller à une borne pour prendre un vélo, ceux-ci sont en libre-service, ce qui permet de pouvoir déposer son vélo un peu partout en ville, sur les trottoirs comme en bas de chez soi. Question vélo, les Parisiens ont désormais l’embarras du choix. Trop, peut-être ? Car à peine implantés, ces nouveaux acteurs se disputent déjà le marché.

Un Gobee Bike posé dans Paris sur un trottoir et devant une porte. (Illustration)
Un Gobee Bike posé dans Paris sur un trottoir et devant une porte. (Illustration) - F. Hernandez / 20 Minutes

Au total, ils devraient être une dizaine d’opérateurs à proposer des vélos en free-floating à Paris dès la rentrée prochaine. Avec ses vélos verts, Gobee. bike a été le premier à conquérir le marché français, et il est loin d’être le dernier. oBike ou Indigo Wheel ont eux aussi investi la ville et OFO compte, lui, arriver dans les prochaines semaines.

« Il y a de la place pour tout le monde »

Autant de concurrents potentiels qui souhaitent se partager la ville, en jouant la carte du « premier arrivé, premier servi ». Si la Ville de Paris compte prochainement imposer une redevance pour occupation commerciale de l’espace public, le marché ne suit actuellement aucune réglementation. « Chacun met au point sa propre stratégie et fait un peu ce qu’il veut », précise Alban Sayag, directeur général d’oBike en France. « La Mairie ne nous impose rien pour le moment, elle nous laisse expérimenter », ajoute Laurent Kennel, directeur général d’OFO France.

Pas de quoi, pour autant, « créer une guerre entre nous, Paris est un marché suffisamment grand pour qu’il y ait différents opérateurs », affirme le responsable d’oBike France. « Il y a de la place pour tout le monde », renchérit également Geoffroy Marticou, responsable de Gobee. bike en France.

Ce déploiement ne risque pas, non plus, de s’arrêter sur une si bonne lancée : « Nos vélos sont très bien adoptés à Paris, la demande est croissante ! », s’enthousiasme Geoffroy Marticou, dont la société ne communique pas le nombre de vélos déployés, sur l’appli plusieurs centaines sont recensés. Le test est aussi réussi pour oBike, qui, avec près de 500 vélos utilisés à Paris en seulement deux semaines d’exploitation, compte même s’étendre prochainement sur l’ensemble de la ville.

La fin du monopole de Vélib’?

Pas sûr que les prochains Vélib’, lancés le 1er janvier 2018 par le nouvel exploitant, Smoove, gardent leur actuelle position de n° 1 sur le marché. La société pourrait bien vivre ses dernières heures de monopole. Celle-ci se veut pourtant plutôt confiante. « Ils sont une concurrence pour le Vélib’, mais c’est aussi une bonne chose pour Paris. Cela permet de développer la pratique du vélo. Nos deux services sont complémentaires », affirme Christophe Najdovski, adjoint aux transports à la mairie de Paris. « On fait forcément de l’ombre à Vélib’, avoue Alban Sayag, mais le free-floating ne va pas tuer le Vélib’. Ce n’est pas notre volonté », ajoute-t-il, en précisant lui aussi qu’ils sont tous « complémentaires ».

La roue commence pourtant déjà à tourner : certains abonnés du Vélib’, dont les vélos sont de plus en plus rares à cause de l’arrivée prochaine des nouveaux modèles, optent déjà pour les nouvelles marques. « On voit déjà des gens se désabonner car notre service est plus flexible », note Alban Sayag. « C’est vrai qu’ils lorgnent sur les abonnés du Vélib’, concède Christophe Najdovski, mais le Vélib’a ses propres atouts. Le free-floating reste avant tout un service bas de gamme », souligne-t-il en mettant en avant la qualité des prochains vélos, dont 30 % seront électriques.

Vélib' ou free-floating, une question de détails

Les différences sont pourtant minces d’un opérateur à un autre. Les prix débutent ainsi tous à 50 centimes d’euros la première demi-heure. Pour se démarquer, OFO mise notamment sur « la qualité des vélos et les différentes vitesses proposées », explique Laurent Kennel, alors que oBike, lui, compte sur son système de points, qui fonctionne comme le bonus-malus : vous garez votre vélo sans encombrer l’espace public, vous gagnez des bons points et payez moins cher. Vélib’, lui, met en avant son extension dans les communes. Une stratégie suivie de près par Gobee. bike, qui souhaite également « se développer dans la couronne parisienne », affirme Geoffroy Marticou, satisfait des résultats de l’entreprise.

En attendant la mise en place d’un cadre juridique, qui devrait réguler la qualité de l’offre et limiter la multiplication des acteurs, la Ville compte mettre en place un code de bonne conduite, accepté par ces différents acteurs. « Il faut éviter d’envahir l’espace public, comme avec l’abandon des épaves de vélo en plein milieu des rues », note Christophe Najdovski.