VIDEO. Oxmo Puccino et -M- rejoignent les Musiciens du métro pour un concert à l'Olympia

PARIS Cinq artistes du métro parisien partageront la mythique scène de l'Olympia, ce jeudi, en compagnie de -M-, Tété ou Oxmo Puccino, pour les 20 ans du label Les Musiciens du Métro...

Juliette Redivo

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L'artiste Lidiop jouera avec quatre autres musiciens du métro sur la scène de l'Olympia.
L'artiste Lidiop jouera avec quatre autres musiciens du métro sur la scène de l'Olympia. — Jean François Mauboussin
  • Lidiop, Pihpoh, Faustine et les autres musiciens du métro ont notamment été choisis par un jury et plus de 370.000 internautes
  • Ils espèrent une carrière à la Keziah Jones, Ben Harper ou Benjamin Clementine, également découverts dans le métro

Ils sont peut-être les futurs Keziah Jones, Ben Harper, Benjamin Clementine ou Zaz. Comme eux, ils nous ambiancent dans le métro, nous font patienter entre deux correspondances ou accompagnent nos oreilles à la sortie d’un tunnel. Cinq musiciens découverts dans le métro vont quitter leurs souterrains de prédilection pour jouer sur une scène mythique : celle de l’Olympia, à l’occasion des 20 ans des Musiciens du Métro, organisés ce jeudi par la RATP.

Lidiop, Pihpoh, Billet d’humeur, Faustine et mAx Pen sont les cinq lauréats sélectionnés par un jury, réunissant Oxmo Puccino, l’auteur-compositeur André Manoukian ou des représentants de la RATP, qui partageront ainsi la scène avec des artistes reconnus, tels que le rappeur déjà annoncé, -M- ou Tété.

« Cela vaut bien plus que tous les disques de platine »

Un « honneur », pour Lidiop, qui embrase le métro parisien depuis trois ans avec sa musique, qui oscille entre reggae et soul pop afro. « C’est fou de pouvoir jouer sur cette scène légendaire ! », s’enthousiasme-t-il, même s’il a déjà pu jouer dans de grands festivals comme Solidays, également partenaire de la société des réseaux de transports de Paris.

Et dire que ce Sénégalais, arrivé en France en 2012, jouait alors à la sauvette à la station Montrouge. Il n’a pas choisi le métro, c’est le métro qui l’a choisi. Jouer était « un besoin », confie-t-il, pour « redonner le sourire à tous ces passagers qui ne parlaient pas et avaient le visage figé. Cela m’a frappé la première fois », se souvient-il. Il ramena sa guitare dès le lendemain. Puis le surlendemain. Jusqu’à être repéré par un agent de la RATP, qui lui parla des autorisations accordées par le réseau de transport grâce au label.

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« Ce n’était pas un tremplin pour moi, mais plus une chance de pouvoir y jouer ma musique quotidiennement. Dans le métro, les gens ne viennent pas te voir, toi. Ils ne s’arrêtent pas. C’est un public très difficile mais unique : quand un seul s’arrête et danse… Cela vaut bien plus que gagner tous les disques de platine », avoue même Lidiop.

Des tunnels du métro, à la scène de l’Olympia

Au total, 300 musiciens en herbe comme lui sont accrédités chaque année par la RATP sur près de 3.000 candidatures. Des artistes aux styles divers et éclectiques, qui ont souvent débuté sur YouTube, pour parfois connaître une ascension fulgurante comme Keziah Jones.

Le concert à l’Olympia retrace « cette belle histoire de partage et ces 20 ans de musique dans le métro », précise Michel Garret, responsable des partenariats à la RATP et un des membres du jury. « Les gens se mélangent, il n’y a plus de couleurs, plus de races, plus de différences », ajoute Lidiop. Il se souvient ainsi du jour où il a capté l’attention d’un SDF, qui arpentait le métro depuis 20 ans. « C’était la première fois qu’il s’arrêtait pour écouter un musicien du métro, il a même voulu me donner de l’argent », se souvient-il, ému.

Rendre hommage à « cette vraie communauté »

Si pour la régie, l’opération est avant tout un moyen « d’agrémenter les temps de transports des usagers et de réguler la qualité des musiques », souligne Michel Garret – et ainsi, officieusement, de garder un œil sur les joueurs à la sauvette – pour les musiciens, elle est l’occasion d’acquérir une certaine notoriété.

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Le label ne leur accorde pas de suivi particulier, mais de pouvoir rejoindre cette « vraie communauté de musiciens du métro, qui s’entraide, donne des conseils pour améliorer leurs répertoires musicaux », précise Michel Garret. -M-, Oxmo Puccino ou Tété, les parrains de cette année, n’ont d’ailleurs pas été choisis par hasard : ils ont tous déjà joué dans le métro.

Ce jeudi, ce ne sont pas leurs noms qui seront inscrits sur les célèbres lettres rouges de la façade de l’Olympia, mais bien Les 20 ans des Musiciens du Métro. L’intégralité des bénéfices sera redistribuée à Emmaüs Solidarité. Après la soirée, qui affiche déjà complet, Lidiop compte bien retourner sur son terrain de jeu préféré : les souterrains parisiens.