Paris: A pied, des automobilistes, motards et commerçants disent «stop au chaos»

SOCIETE De la place de l’Odéon à l’hôtel de ville, une centaine de manifestants ont défilé ce jeudi pour s’opposer à la politique des transports et de déplacement de la maire de Paris, Anne Hidalgo…

Romain Lescurieux

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Une manifestation à Paris pour s'opposer contre la politique de déplacement de la mairie
Une manifestation à Paris pour s'opposer contre la politique de déplacement de la mairie — R.LESCURIEUX

« Anne Hidalgo m’a tué », lance à tue-tête Nicolas, 52 ans, porte-parole de la fédération des bikers de France. Comme lui, ce jeudi, ils sont une centaine à s’être élancés de la place de l’Odéon pour rallier l’hôtel de ville.

Une manifestation – à pied - organisée par la Fédération française des automobilistes citoyens (FFAC) et la Fédération des motards en colère (FFMC) avec le soutien de l’association des Commerçants et riverains du cœur de Paris (CRPC). Et ce, avec un mot d’ordre : « stop au chaos ». Le résultat, selon eux, de la politique des transports et de déplacement de la maire de Paris, Anne Hidalgo. « Elle opère une entrave à la liberté de circuler », poursuit Nicolas, casquette et bague tête de mort sur un doigt. Autre style mais même son de cloche du côté de Stéphane Colonna, président de la FFAC.

Une manifestation à Paris pour s'opposer contre la politique de déplacement de la mairie
Une manifestation à Paris pour s'opposer contre la politique de déplacement de la mairie - R.LESCURIEUX

« Au nom de tous les usagers qui souffrent »

« C’est une manifestation au nom de tous les usagers qui souffrent », introduit-il. Une « souffrance » dans les transports, mais aussi sur les routes pour ces automobilistes et motards « paralysés » et « jugés par leurs concitoyens ». « Anne Hidalgo a créé une fracture morale entre les gens et entre Paris et sa banlieue. « Il faut donc sortir de ce chaos qui rend les gens agressifs les uns envers les autres », poursuit-il, avant de prendre la tête de ce cortège, sans véhicules.

« Nous voulions montrer que les automobilistes et motards sont aussi des piétons. Et nous sommes tous concernés par la politique incohérente de la mairie », commente de son côté Marc Belotti, coordinateur de la FFMC. Fermeture des voies sur berges, vignettes Crit’air, interdiction de circuler aux véhicules mis en service avant 1997, objectif de sortie desvéhicules diesel en 2024 et à essence en 2030… Autant de mesures prises « trop vite », « sans concertation », déplore-t-il. « On peut faire autrement. Tout est une question de bon sens et de modération », explique-t-il. Car certains assurent payer aujourd’hui de lourdes conséquences de cette politique « anti-voitures ».

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« Non à Paris Plage toute l’année »

« Aujourd’hui le centre de Paris est complètement embouteillé et inaccessible pour les commerçants, les artisans, les fournisseurs, et certains clients », affirme Marie, 69 ans, qui tient une brasserie au Pont Neuf. Depuis un an, elle assure avoir perdu 30 % de son chiffre d’affaires. « Anne Hidalgo doit tenir compte de tout le monde. Des gens qui vivent à Paris comme ceux qui n’y vivent pas mais y travaillent ». Même son de cloche du côté d’anciens commerçants parisiens venus en soutien.

Une manifestation à Paris pour s'opposer contre la politique de déplacement de la mairie
Une manifestation à Paris pour s'opposer contre la politique de déplacement de la mairie - R.LESCURIEUX

« C’est la pagaille. On aurait aimé être mieux entendus car des gens ont besoin de circuler en voiture pour travailler », note Yves 71 ans. A côté de lui, Christine, 70 ans, « consternée de voir de ce que l’on fait de Paris », ne se remet toujours pas de la fermeture de la voie Georges Pompidou. « Je suis à côté et je trouve scandaleux que les voitures ne passent plus là pour laisser la place aux mémères à chien-chien, aux joggers, aux inactifs et joueurs de tam-tam. Non à Paris Plage toute l’année », s’emporte celle qui demande l’arrêt de ce « folklore » et « le retour des voitures ». Sans aller jusque-là, les deux organisations la tête de cette manifestation ont en tout cas établi une feuille de route pour repenser le déplacement dans la ville.

« Nous demandons un moratoire de sept ans »

Stéphane Colonna assure avoir écrit au président de la République, Emmanuel Macron, pour lui demander de mettre en place « un moratoire de sept ans afin de geler les interdictions et la verbalisation qui pèsent sur les véhicules qui circulent ». Dans ses revendications, les organisations demandent également une « politique des transports régionale et plus uniquement parisienne » ou encore la « création d’une commission parlementaire sur les conséquences écologiques de l’électrique ».