Prix de l'immobilier à Paris: On a cherché des bons plans d'achat d'appart' pour vous, on n'a rien trouvé (désolé)

ACHAT D'APPARTEMENT Alors que le marché est reparti à la hausse, «20 Minutes» s'est penché sur l'immobilier dans les plus grandes villes de France. Pour acheter un deux pièces dans la capitale, comptez 300.000 euros minimum (et gardez à l'esprit qu'il s'agit de la fourchette basse)...

C.Po.

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Paris
Paris — PATRICK KOVARIK / AFP
  • Les prix s'envolent dans les quartiers populaires.
  • Pour trouver un bien en deça des prix du marché, il ne faut pas craindre les travaux.
  • Il reste encore de bonnes affaires du côté dans la petite couronne. 

Il faut qu’on soit honnête avec vous. A l’origine, cet article devait s’appeler « Quels sont les bons plans pour acheter sans (trop) se ruiner à Paris ? » Mais après avoir épluché les sites de petites annonces et s’être entretenu avec des experts, on a dû revoir notre copie.

Il y avait certes cet « appartement » (oui, c’est ainsi qu’il est présenté) de 4 m² dans le 10e arrondissement pour la modique somme de 40.000 euros, ou une « studette » de 7 m² dans le 14e pour 50.000 euros. Mais difficile de trouver un logement décent à un prix qui l’est également dans la capitale. « Il y a encore des primo-accédants à Paris, assure Me Thierry Delesalle, notaire parisien. Mais ils bénéficient généralement d’une aide familiale pour leur premier achat. »

Local commercial et souplex

« Le niveau des prix est scandaleux à Paris, confirme Didier Camandona, président de la FNAIM du Grand Paris. C’est difficile depuis longtemps et ça ne va pas en s’arrangeant. » Même dans les quartiers dit populaires, au nord et à l’est de la capitale, les prix s’envolent. Au premier semestre, le coût moyen des logements dans le 19e arrondissement a ainsi bondi de 7 % par rapport à l’an dernier. A titre de comparaison, il n’a augmenté que de 3 % dans le 16e. Ce luxueux arrondissement restent toujours plus cher que le nord et l’est de Paris, mais année après année, les écarts s’amenuisent. Selon l’expert, il ne faut pas espérer acquérir un deux pièces dans la capitale pour moins de 300.000 euros ou un trois pièces pour un prix inférieur à 400.000 euros. « Et encore, c’est la fourchette basse. »

Illustration d'un appartement vendu à Paris (20e), le 17 janvier 2011.
Illustration d'un appartement vendu à Paris (20e), le 17 janvier 2011. - GELEBART/20 MINUTES/SIPA

S’il est encore possible d’acquérir un bien en-deçà des prix du marché [avis aux jeunes acheteurs naïfs : « en deça des prix du marché » n’est pas un synonyme de « bon marché »], il ne faut pas avoir peur des travaux. Acheter un local commercial pour le réhabiliter, réunir deux ou trois chambres de bonnes, investir dans un rez-de-chaussée et des caves pour les transformer en souplex… « Les vraies opportunités se trouvent là où personne ne regarde », insiste Me Thierry Delesalle. Le notaire cite ainsi ce client qui acheté des combles et a obtenu un permis pour surélever la toiture afin de créer un luxueux appartement.

Presque Paris

Si les bons plans à Paris intra-muros sont rarissimes, la réciproque n’est pas vraie de l’autre côté du périphérique. Alors c’est vrai, ce n’est pas Paris, mais s’il y a le métro, c’est un peu pareil, non ? A l’ouest, les prix se rapprochent parfois grandement de ceux de Paris, mais le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis offrent de belles opportunités. « Les prix ont beaucoup augmenté à Pantin ou Montreuil ces dernières années, mais ils restent malgré tout largement inférieur à Paris. Dans ces deux villes, il faut compter environ 4.500-5.000 euros du m² alors que si vous passez le périph’ c’est 7.000 euros », assure Didier Camandona.

Les travaux du Grand Paris ont également donné une nouvelle dynamique à certaines villes de la petite couronne, à l’instar de Villejuif. La commune, déjà desservie par la ligne 8, sera bientôt traversée par les lignes 14 et 15. « D’une manière générale, on peut anticiper une plus-value dans les villes qui seront prochainement desservies par le métro », indique Me Thierry Delesalle. A condition d’habiter à proximité de la gare, précise l’expert.

Si vous avez un budget inférieur mais que vous souhaitez rester près de Paris, c’est du côté de Saint-Denis que ça se passe. « En quelques années, les prix ont beaucoup augmenté et ça ne devrait pas s’arrêter avec les JO. Mais les prix, environ 3.500 euros du m², restent largement inférieur aux reste de la petite couronne», note Didier Camandona.