Florent Pagny, contribuable «particulier»

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Lorsqu’en début d’audience, la présidente du tribunal correctionnel de Versailles (78) demande à Florent Pagny quels sont ses revenus, le chanteur hésite. « Il y a les royalties sur les disques, les spectacles... C’est un peu particulier. » Justement, l’administration fiscale aussi a trouvé « particulières » les déclarations d’impôts du chanteur. Florent Pagny comparaissait hier pour fraude fiscale. Huit mois de prison avec sursis et 15 000 e d’amende ont été requis à son encontre. « Donnez-nous une fourchette de revenus », insiste la présidente. « Entre 15 et 17 millions par an », lâche l’artiste. « D’euros ? », s’étouffe la magistrate. « Ah non, de francs », rigole le chanteur, guilleret tout au long de l’audience. A ses côtés, Pascal Nègre, président d’Universal Music, poursuivi pour « complicité de fraude fiscale », semble trouver la situation tout aussi amusante. Quand le tribunal évoque les sommes non déclarées, les frais déduits sans justificatifs, Florent Pagny se dit coupable d’« ignorance », de « naïveté ». « Au départ on ne sait pas. Ensuite, on n’a pas forcément envie d’apprendre », plaide le chanteur. Il lui est reproché d’avoir perçu, en 1996, 10 millions de francs de sa maison de disques, sous forme d’un prêt. « Donc, non imposable », souligne le procureur. Avance sur recette déguisée pour ne pas être déclarée ? Le tribunal qui doit en décider rendra son jugement le 19 janvier. Le Trésor public, venu en juillet 2001 au domicile du chanteur, situé à Montfort-l’Amaury (Yvelines), pour dresser l’inventaire des biens à saisir n’avait plus retrouvé, quelques mois plus tard, la Bentley, les motos, les tableaux et 70 bouteilles de grands vins repérés alors. Florent Pagny explique sérieusement que motos et tableaux, qui ne lui appartenaient pas, ont été récupérés par leurs propriétaires et que sa voiture était « en révision ». Quant aux vins ? « Bus par des amis à l’occasion d’une fête dont le contrôle m’a échappé. » Grégory Magne

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