Paris: Les toits de la capitale inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, c'est pour bientôt?

PATRIMOINE Si le « savoir-faire des couvreurs zingueurs parisiens » a été reconnu par l’Etat le 27 juin dernier, les toits de Paris pourraient aussi prétendre à une inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO…

Antoine Irrien

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Les toits de Paris, le 11 septembre 2015.
Les toits de Paris, le 11 septembre 2015. — PATRICK KOVARIK AFP
  • Depuis 2014, la maire du 9e, Delphine Bürkli, est à l'initiative de la candidature des toits de Paris au patrimoine mondial de l'UNESCO. 
  • Le 21 octobre 2014, le Conseil de Paris a voté à l’unanimité en faveur de la constitution d’un dossier. 
  • Le 27 juin dernier, c'est le savoir-faire des couvreurs parisiens qui a été récompensé au niveau national. Un classement au patrimoine mondiale immatériel de l'UNESCO est envisageable dès l'année prochaine. 

Du dessin animé Ratatouille en passant par Belmondo, qui se hissait sur les toits de la capitale à la poursuite de bandits dans Peur sur la ville, et les poèmes de Jacques Prévert, les toitures parisiennes offrent un point de vue infaillible sur la capitale.

Depuis trois ans, « la nécessité de développer une stratégie patrimoniale sur les toits de Paris, l’intérêt touristique et la construction de bâtiments neufs comme des bars, des restaurants et des piscines » est devenu le combat de Delphine Bürkli, maire du 9e. Il s’agit avant tout de « mettre en valeur ce qui fait partie du paysage urbain de la capitale. » Le but, pour l’édile, est surtout de protéger les toitures de Paris, faites principalement de zinc, un matériau facile à travailler et peu cher, et de les rendre mondialement connues.

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Un long dossier

L’élue Les Républicains a donc présenté le projet il y a trois ans, devant le Conseil de Paris. Le 21 octobre 2014, il a voté à l’unanimité en faveur de la constitution d’un dossier. Mais « là où il fallait être bon » selon Delphine Bürkli, « c’était de convaincre le gouvernement ».

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C’est pourquoi l’élue avait également rédigé une lettre quelques jours plus tard à destination de Fleur Pellerin, à l’époque ministre de la Culture. La maire avait émis le souhait « qu’au nom de l’Etat », celle-ci propose « l’inscription des toits de Paris sur la liste des biens français au  patrimoine mondial de l’Unesco ». La ministre socialiste n’a pas mis longtemps à soutenir le dossier.

Du côté de la mairie de Paris, Anne Hidalgo restait quant à elle plus sceptique. En 2015, elle avait fait part à l’AFP de « ses réserves sur cette démarche, qui ne semble pas susceptible d’aboutir, au regard des critères établis par l’Unesco pour inscrire un bien au patrimoine mondial ». Ce dossier, porté par la maire du 9e, semble pourtant s’inscrire dans la politique de végétalisation du bâti lancée par la Ville de Paris.

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Plus qu’à attendre 

Reconnus par la convention de 1972 comme patrimoine culturel, les toits de Paris ne sont pas les seuls à postuler au titre de patrimoine mondial de l’Unesco. Tous les ans, la session du comité du patrimoine mondial inscrit des biens immatériels à sa liste. Si en juillet dernier, pour la 41e session, un seul lieux a été classé en France :  La Grande Île de Strasbourg, un autre bien, cette fois-ci à valeur immatérielle, pourrait peut-être faire son apparition dans la prestigieuse liste dès l’année prochaine.

En effet, pour que les toits de Paris soient aussi beaux, il faut bien que quelqu’un en prenne soin. C’est donc le savoir-faire des « couvreurs zingueurs parisiens », officiellement entré à l’inventaire des biens culturels immatériels français le 27 juin dernier, qui fera lui aussi objet d’une candidature au patrimoine culturel de l’Unesco. Mais au titre de la convention de 2003, il s’agira évidemment des biens immatériels. « Couvreur-zingueur, un métier unique en son genre. Ils font part d’une technicité incroyable », ajoute Delphine Bürkli.

Cependant, de moins en moins de jeunes veulent prendre l’échelle et monter sur les toits. Une reconnaissance à l’Unesco ne serait que bénéfique. « Cette inscription marque une juste reconnaissance de notre métier, présent dans la capitale depuis des lustres », se réjouit Angel Sanchez, président du syndicat des entreprises de Génie Climatique et de Couverture Plomberie (GCCP), bicentenaire cette année. Aujourd’hui, si les outils se sont modernisés et les risques inhérents à la profession ont reculé, leur savoir-faire est resté traditionnel.