Jeunes conducteurs: Une influence de leurs parents sur les comportements à risque

Société Ah les parents… ces mauvais professeurs ! Une nouvelle étude sur l’influence de ces derniers concernant des comportements à risque au volant vient de sortir…

Antoine Irrien
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Une femme fume au volant de sa voiture en présence d'un enfant.
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Une femme fume au volant de sa voiture en présence d'un enfant. — S. Ortola / 20 Minutes

« Les parents restent les premiers modèles pour leurs enfants au volant ». C’était déjà le constat, l’année dernière, avec une étude réalisée par Ipsos et publiée pour la Fondation Vinci Autoroutes. Celle d’Attitude Prévention*, sortie ce matin, confirme bien l’influence des parents sur la conduite de leurs enfants.

Des enfants qui surestiment leurs parents ?

En général, les jeunes trouvent que leurs parents sont bons conducteurs. Une tendance qui se confirme par les notes qu’ils attribuent à leurs géniteurs : pas loin de 8 sur 10, et supérieure à celle qu’ils se donnent : environ 7,5.

Selon l’étude, l’influence est donc inévitable : « 74 % des jeunes affirment que ce sont leurs parents qui ont eu le plus d’influence sur les conducteurs qu’ils sont aujourd’hui ». Et ce sont les hommes qui en sont le plus responsables. Les 18-24 ans sont beaucoup plus inspirés par leurs pères (43 %) que leurs mères (31 %).

Une grande influence a été observée.
Une grande influence a été observée. - Attitude Prévention

Et il faut dire que les parents ne sont pas tous exemplaires sur la sécurité routière. « Selon leurs enfants, 92 % ont déjà eu un comportement à risque au volant en leur présence ». Ces jeunes témoins les reproduisent évidemment davantage. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 95 % d’entre eux estiment avoir déjà été dangereux au volant. Non-respect des limitations, conduite en état de fatigue, consommation d’alcool, téléphone au volant, pas de pause, tous ces risques sont augmentés par l’influence.

En dehors de cet échantillon, l’évidence se confirme. « J’ai surtout été influencé par la conduite de mon père, qui est assez agressive. Inconsciemment, je reproduis les mêmes actes en voiture, comme s’énerver sur les autres automobilistes », explique Corentin, 20 ans, étudiant en économie. « Avant de conduire, je me disais que je ne ferai pas comme lui. Au final, aujourd’hui, j’ai une conduite qui peut amener à des risques. »

« Il y a aussi de l’insouciance »

La conduite accompagnée, le permis de conduire, puis la première voiture, l’excitation est grande chez les apprentis conducteurs. L’insouciance aussi. Si l’étude pointe du doigt que la majeure partie des jeunes ont reconnu avoir pris au moins une fois des risques au volant, il ne s’agit pas uniquement d’une raison d’influence.

« L’alcool, autant que les excès de vitesse, font partie des facteurs de risque chez les jeunes. L’ensemble de ces comportements se mêle alors à celui de l’insouciance », explique Nathalie Irisson, secrétaire générale d’Attitude Prévention. L’association effectue aussi une campagne de sensibilisation, en mettant en avant deux spots traitant de l’alcool et du téléphone au volant. Les accidents de la route sont l’une des premières causes de la mortalité chez les 18-24 ans. Un baromètre est publié chaque mois par l’observatoire national interministériel de la sécurité routière.

Et la vigilance ?

Jeune conducteur ne veut pas forcément dire conduite à risque. D’après l’étude, ils sont conscients et désireux de transmettre des comportements responsables. Par exemple, 85 % des personnes interrogées font une remarque si quelqu’un n’est pas attaché. Presque l’ensemble d’entre elles réagissent si le conducteur n’est pas apte à conduire.

Tous les parents ne sont pas de mauvais professeurs. Comme certains cas en témoignent, véhiculer les bons gestes est primordial. « J’étais surtout influencée au début de mon apprentissage. Je reproduisais les mêmes gestes que mes parents, qui n’étaient pas du tout des comportements à risque. Je peux même dire qu’aujourd’hui, après deux ans de permis, je suis plus agressive qu’eux », ajoute Emma, 19 ans, étudiante en langues étrangères appliquées.


*Etude commandée par l’association Attitude Prévention et réalisée par Opinionway auprès d’un échantillon de 502 jeunes de 18 à 24 ans titulaires d’un permis B (obtenu à partir d’un échantillon global de 682 jeunes de 18 à 24 ans).