Paris: Mégots, urine... Les amendes dressées par la DPSP pour incivilités ont doublé dans la capitale

SOCIETE Anne Hidalgo a inauguré ce lundi de nouveaux locaux pour la « brigade des incivilités » dans le 15e arrondissement. À cette occasion, elle a annoncé que 61.421 procès-verbaux avaient été dressés depuis janvier…

Romain Lescurieux

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Les agents de la DPSP signalent notamment les déchets abandonnés
Les agents de la DPSP signalent notamment les déchets abandonnés — R.LESCURIEUX

« Vous êtes les ambassadeurs de la ville », s’est réjouie ce lundi soir, la maire de Paris, Anne Hidalgo, face à des agents de la Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection (DPSP) fraîchement installés dans le 15e arrondissement.

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En inaugurant cette nouvelle antenne de proximité dédiée aux 6e, 7e, 14e et 15e arrondissements, l’édile a dressé un premier compte rendu de l’action conduite par les 1.900 agents de cette « brigade des incivilités » déployée au fur et à mesure dans la capitale, depuis 2016. « Le bilan est très positif. C’est énorme. Nous voulons faire comprendre à chacun que la ville est notre bien commun et qu’il faut en prendre soin. Et que si on n’est pas très précautionneux, nous sommes là pour les rappeler à l’ordre », a affirmé Anne Hidalgo.

61.421 procès-verbaux ont été dressés

Selon l’hôtel de ville, le nombre d’amendes contre les personnes qui ne respectent pas l’espace public parisien a progressé de 113 % en un an. En effet, depuis le mois de janvier, 61.421 procès-verbaux ont été dressés. L’augmentation du nombre d’amendes est particulièrement importante en ce qui concerne les jets de mégots (+723 %), les dépôts sauvages de déchets sur la voie publique (+237 %) et les épanchements d’urine (+103 %). Les ventes à la sauvette ont elles aussi été davantage sanctionnées (+87 %).

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« Pour que Paris soit une ville plus propre, il faut davantage de moyens humains et financiers – nous l’avons fait en adoptant des plans de renforcement de la propreté – mais il faut aussi plus de civisme. Si une grande majorité des Parisiens et des visiteurs respecte l’espace public, une minorité a un comportement incivique qu’il convient de sanctionner », a rappelé Anne Hidalgo.

Une brigade (armée ?) qui va monter en puissance

D’ici fin 2017, les deux dernières circonscriptions de proximité de la DPSP seront ouvertes. En janvier 2018, le nombre de ses agents progressera de 1 900 à 3 200, grâce au transfert d’une partie des effectifs qui sont aujourd’hui sous l’autorité de la Préfecture de Police. Philippe Goujon, maire du 15e arrondissement, applaudit ce plan et l’arrivée de la DPSP sur son « territoire », à un point près.

« J’étais partisan de cette réforme engagée par la maire de Paris, avec le petit regret qu’elle s’arrête au milieu du gué. Car ce qu’il aurait fallu faire, pour mieux appréhender les problèmes de la sécurité et de tranquillité publique à Paris, c’est créer une réelle police municipale », explique-t-il, en déplorant également un « manque » pour ces agents équipés d’un tonfa et d’une bombe lacrymogène

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« Actuellement, il y a une étude de l’Inspection Générale de la Ville sur le port de l’armement. Nous espérons qu’elle aboutisse à une solution favorable ». Car selon Philippe Goujon, « tous les individus qui portent un uniforme de la République sont aujourd’hui en danger ». « Il est donc indispensable qu’ils soient armés pour faire face à toute situation ».