Conflit autour d'une usine de Montreuil: Deux parents d'élèves jugés en mars

SOCIETE La police a délogé ce mercredi une centaine de manifestants qui voulaient bloquer l'accès à une usine qu'ils accusent d'être toxique...

R.L. avec AFP
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La police a procédé à l'évacuation d'une usine chimique à Montreuil, bloquée par des manifestants qui exigeaient sa fermeture
La police a procédé à l'évacuation d'une usine chimique à Montreuil, bloquée par des manifestants qui exigeaient sa fermeture — A. GELEBART / 20 MINUTES

Deux parents d’élèves, qui manifestaient mercredi à Montreuil (Seine-Saint-Denis) contre une usine qu’ils accusent d’être toxique, seront jugés en mars, notamment pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, a indiqué vendredi à l’AFP le parquet de Bobigny. 

L’un d’entre eux sera également jugé pour rébellion, a précisé le parquet. Placés sous contrôle judiciaire, ils comparaîtront le 6 mars devant le tribunal correctionnel de Bobigny.

« Plusieurs parents et riverains ont été blessés »

Militant pour la fermeture « immédiate et définitive » de la SNEM, une usine de traitement chimique de pièces aéronautiques située au coeur d’un quartier résidentiel, des dizaines de riverains avaient déjà bloqué le site trois jours de suite début septembre, avant d’être délogés par la police. 

Les deux hommes, nés en 1978 et 1983, sont tous deux parents d’élèves de l’école Jules Ferry, a précisé à l’AFP Antoine Peugeot, l’un des leaders de la contestation qui dure depuis plusieurs mois. L’établissement scolaire se trouve à quelques dizaines de mètres de la SNEM, une usine de traitement chimique de pièces aéronautiques située au coeur d’un quartier résidentiel.

« Devant l’absence de réponses (…) nous avons décidé d’appliquer nous-mêmes le principe de précaution (constitutionnel depuis le 1er mars 2005) en empêchant le fonctionnement de la SNEM », ont-ils expliqué dans un communiqué.

« Plusieurs parents et riverains ont été blessés », dont l’un, souffrant d’une fracture, s’est vu prescrire 19 jours d’interruption totale de travail, lorsqu’une vingtaine de policiers sont intervenus vers 10h15, affirment-ils.

Un fonctionnaire de police a été légèrement blessé et deux hommes, présentés comme des « parents d’élèves » par les opposants, ont été interpellés pour des « violences après refus de dispersion, malgré des sommations », a indiqué de son côté une source policière, précisant que les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène.

« Odeurs âcres, déversements d’acides sur les trottoirs »

« Odeurs âcres, déversements d’acides sur les trottoirs, fenêtres des ateliers grandes ouvertes… » Depuis plusieurs années, des habitants dénoncent les conditions d’exploitation de ce sous-traitant des groupes Airbus et Safran, une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) soumise à des obligations renforcées.

La mobilisation a pris une nouvelle tournure après qu’une leucémie a été diagnostiquée chez un écolier du quartier en juin. Et n’a pas faibli bien que plusieurs séries d’analyses conduites depuis sous l’égide de la préfecture de Seine-Saint-Denis aient conclu à « l’absence de risque pour les populations avoisinantes ».

Dans un communiqué mercredi, l’État a prévenu qu’au vu de ces résultats, il « n’acceptera aucun trouble à l’ordre public ou tentative d’entrave à l’activité de cette usine ou au service public de l’éducation nationale » dans les écoles voisines.

La préfecture a ajouté que l’exploitant, qui avait été mis en demeure d’améliorer sa gestion des déchets et son système d’aération, avait entrepris les travaux demandés dans les temps impartis.

« Toutes les analyses ne sont pas terminées, certaines sont plus inquiétantes dans leur détail que ce que dit le préfet et, par précaution, il est indispensable que l’usine suspende ses activités », a réagi Pierre Serne, conseiller régional EELV, dans un communiqué.