Paris: Opération escargot, «rouler sur les pistes cyclables»... Des automobilistes montent au créneau

SOCIETE Ce dimanche, la ville de Paris réitère sa « journée sans voiture » et l’étend cette fois-ci à toute la capitale. Des automobilistes organisent la fronde…

Romain Lescurieux

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Illustration. Voitures circulant à Paris.
Illustration. Voitures circulant à Paris. — SIPA

A Paris, à vélo. Ce dimanche, pour la troisième édition de la journée sans voiture, c’est l’ensemble de Paris intra-muros quisera interdit à la circulation des voitures et deux-roues motorisés. Et ce, de 11 heures à 18 heures. Près de « 1.000 personnes » seront mobilisées pour assurer le bon déroulement de la journée dont 560 agents municipaux et « environ 400 agents » de la préfecture dont la moitié déployés en « patrouilles volantes ». Les portes de Paris seront bloquées par 113 barrages filtrants, installés aux sorties du périphérique.

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Un événement « ludique et convivial », selon Christophe Najdovski, adjoint EELV aux transports d’Anne Hidalgo, qui va dans le sens duplan vélo 2015-2020 de la ville. Pour faire de « Paris une capitale mondiale du vélo », l’exécutif municipal compte en effet doubler la longueur des voies cyclables et tripler les déplacements à vélo, dont la part passera de 5 % à 15 % du total des trajets effectués. Mais depuis un moment, la grogne se fait de plus en plus sentir chez les automobilistes et vient se cristalliser autour de cette journée sans voiture.

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« Nous sommes la cible, les ennemis à abattre »

En fin de matinée,l’Udelcim (association qui « défend le droit de rouler librement à Paris ») organise avec le soutien de 40 millions d’automobilistes et de la Ligue de défense des conducteurs, une opération escargot sur le périphérique parisien. Une autre page Facebook appelle même « à rouler en voiture sur les pistes cyclables d’Anne Hidalgo ». Si celle-ci – qui réunit 7.000 intéressés et 3.000 participants – relève davantage d’une « blague » que d’une réelle action, elle traduit néanmoins un vrai mécontentement de la part du créateur de l’événement, lancé il y a deux semaines.

Le 1er octobre, lors de la 3e édition de la Journée sans voiture, les véhicules motorisés n'auront pas accès à Paris de 11h à 18h.
Le 1er octobre, lors de la 3e édition de la Journée sans voiture, les véhicules motorisés n'auront pas accès à Paris de 11h à 18h. - Google Maps / 20 Minutes

« Ça partait d’une blague entre amis, mais face à un vrai sentiment de ras-le-bol quand on voit ce que Paris est en train de devenir avec la transformation partielle de grands axes en pistes cyclables, réagit auprès de 20 Minutes, Isaac, 26 ans, consultant en audit financier. A travers cet événement au titre provocateur et à une date choisie symboliquement et ironiquement, je voulais voir si j’étais seul ou si les gens étaient prêts à suivre. Et ça a pris car nous avons le sentiment, d’être la cible, les ennemis à abattre. » Toutefois, il n’y aura pas d’actions dans ce sens dimanche. « Ou si des gens le font, ce ne sera pas sous la responsabilité de la page », précise Isaac.

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Lui, veut surtout insuffler un « mouvement » avec des « actions plus organisées » pour mettre en avant leur colère. « Nous automobilistes, on ne nous a pas demandé notre avis et aujourd’hui cela nous pénalise. Anne Hidalgo ne reviendra pas en arrière Mais réfléchissons et discutons ensemble de la suite », s’exclame-t-il. Aujourd’hui, Isaac explique par exemple « devoir oublier sa voiture » pour effectuer un trajet Boulogne-Bastille. « C’est un enfer, ajoute-t-il. Nous n’avons rien contre les cyclistes, ni le vélo qui est un très bon moyen de déplacement mais mon travail fait que j’ai besoin de me déplacer en voiture. »

Prendre sa voiture à Paris, un « confort » ?

« Majoritairement, l’usage d’un véhicule personnel reste une question de confort : seuls 22 % des usagers reconnaissent avoir besoin d’un véhicule pour leur déplacement », indique la mairie de Paris sur son site Internet sur la page « le Vrai du Faux : idées reçues sur la voiture à Paris ». Pour Isaac, il s’agit d’un argument « ridicule » qui le fait bondir. « Il y a des gens qui n’ont pas le choix, qui ont des enfants, qui travaillent loin, etc. Cela crée des différences entre les Parisiens. C’est dommage car jusqu’ici Paris a toujours été une ville où tout le monde pouvait se déplacer. »