Essonne: Il porte plainte après avoir perdu son œil lors d'un tir policier

JUSTICE L’homme de 26 ans avait été blessé par un tir de lanceur de balles après une course-poursuite…

Lucien Petit-Felici avec AFP

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Un lanceur de balles utilisé par la police nationale. Photo d'illustration. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY
Un lanceur de balles utilisé par la police nationale. Photo d'illustration. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY — AFP
  • L’homme de 26 ans qui avait été blessé par un tir policier le samedi 16 septembre suite à une course-poursuite a perdu l’usage de son œil.
  • Il a décidé de porter plainte contre les policiers.

L’homme de 26 ans qui avait été hospitalisé le samedi 16 septembre après un tir de lanceur de balles a perdu l’usage de son œil. « Les médecins lui disent qu’il ne recouvrera les fonctionnalités de son œil gauche qu’à 10 % maximum », ont déclaré les avocats de la victime, maîtres William Bourdon et Vincent Brengarth, à l’AFP. Il a déposé une plainte contre les policiers responsables du tir. « Nous attendons du parquet l’ouverture rapide d’une information judiciaire », déclarent les avocats.

Un usage défensif, selon les policiers

Une enquête avait déjà été ouverte par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, pour violences aggravées ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente. Les policiers avaient expliqué avoir fait usage de leur arme pour se défendre, alors que plusieurs habitants du quartier sensible de la Croix Blanche, à Vigneux-sur-Seine (Essonne), les auraient attaqués. Les policiers s’étaient rendus dans ce quartier pour interpeller plusieurs individus qui s’y étaient réfugiés, suite à une course-poursuite en voiture. Selon le procureur du parquet d’Evry, Eric Lallement, les habitants se seraient « portés au contact des policiers, en les invectivant et en leur lançant des projectiles ».

Le policier qui a fait usage de son arme aurait tiré sur une personne qui menaçait un de ses collègues, « tenant dans sa main un objet qu’il ne parvenait pas à identifier », a ajouté Eric Lallement. Il a ouvert une enquête pour refus d’obtempérer et violences sur une personne dépositaire de l’autorité publique. C’est cette version des faits que contestent la victime et ses avocats. Ces derniers affirment que l’individu venait de rendre visite à son cousin lorsque la poursuite en voiture s’est terminée devant lui. Un policier serait alors sorti de sa voiture et lui aurait tiré dessus « sans sommation », selon eux. « Aucune circonstance ne justifiait que le policier fasse usage de son arme, encore moins en direction du visage », disent-ils.

Le précédent avocat de la victime, maître Serge Money, avait, lui, expliqué que son client avait été blessé alors qu’il s’était « juste approché pour voir ce qu’il se passait ».