Paris: Nouvelle présidente LR, Florence Berthout veut s'opposer «sans concession» à Anne Hidalgo

INTERVIEW Florence Berthout, nouvelle présidente Les Républicains au Conseil de Paris, dénonce la « politique de gribouille » d’Anne Hidalgo…

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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Florence Berthout, en 2014, dans son bureau
Florence Berthout, en 2014, dans son bureau — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • Maire du 5e arrondissement, Florence Berthout a succédé à Nathalie Kosciusko-Morizet à la tête du groupe LR au Conseil de Paris.
  • « Nous avons des points de désaccord extrêmement forts avec l’exécutif », annonce Florence Berthout.
  • Le groupe LR est mobilisé sur les cantines scolaires, sur la fermeture de la voie Georges-Pompidou, sur le logement…

En juillet dernier, Florence Berthout, la maire du 5e arrondissement, a succédé à Nathalie Kosciusko-Morizet à la tête du groupe Les Républicains. Depuis lundi, elle vit son premier Conseil de Paris, en tant que cheffe de file de cette opposition à la maire PS de la capitale, Anne Hidalgo. A cette occasion, elle revient pour 20 Minutes sur sa stratégie, les grandes thématiques parisiennes et livre son regard sur la politique de la maire.

Quelle opposition souhaitez-vous incarner au Conseil de Paris et plus globalement dans la vie politique parisienne ?

Je suis au service d’un collectif qui est celui de mon groupe (LR). Ce collectif a pour vocation à s’opposer sans aucune concession, dès lors que l’on juge que l’intérêt des Parisiens et Parisiennes est malmené. Et nous avons des points de désaccord extrêmement forts avec l’exécutif.

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Justement, sur quelles thématiques comptez vous monter au créneau dans les prochains mois ?

Sur les cantines scolaires, où nous avons gagné la première partie de la bataille dans laquelle, Madame Hidalgo voulait centraliser toutes les caisses des écoles. Cela aurait été préjudiciable pour les filières courtes. Nous sommes également mobilisés sur la politique de déplacement de la maire qui est totalement incohérente. Oui au plan vélo, mais non à une fermeture autoritaire et non concertée de la voie Georges-Pompidou, qui coupe Paris de sa banlieue et produit des embouteillages monstres. Dans certains quartiers, ils augmentent de façon vertigineuse la pollution sonore et atmosphérique. C’est très préoccupant pour la santé des Parisiens. Enfin, nous avons de grosses interrogations en matière de sécurité, puisqu’on sait que s’il y a un drame de type attentats, les secours perdront du temps. Ça peut être fatal.

Que déplorez-vous dans la politique de gestion de la ville de la part d’Anne Hidalgo ?

La politique de gribouille. Notamment, sur la question du logement qui est un point dur de la politique de Madame Hidalgo et de fracture entre elle et nous. Ces dernières années, cette politique consiste à ne pas créer du logement, comme ça a été dit de manière malhonnête sur le plan intellectuel, mais à reconventionner du parc privé de la ville et à investir des dizaines de millions d’euros dans du logement privé à coup de préemption. Cela a coûté très cher. Et désormais, elle est totalement au bout de l’exercice. Cette politique s’accompagne d’un endettement sans précédent. La réalité c’est que l’endettement par habitant aura doublé durant son mandat.

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Anne Hidalgo voit dans votre arrivée à la tête du groupe LR de futurs échanges « pacifiés » avec quelqu’un qui n’est pas « contre tout, tout le temps », comme pouvait l’être selon elle, NKM, permettant ainsi de « gagner en qualité démocratique ». Que répondez-vous ?

Je ne me positionne pas par rapport à la présidence précédente. Chacun a ses qualités, ses défauts et son style. Moi, je suis une élue de terrain avec un regard pragmatique. Mais être pragmatique et ouvert, ça ne veut pas dire que nous sommes des béni-oui-oui. Après, quand nous avons des points d’accord avec la majorité, il n’est pas question de le surjouer. Nous ne sommes pas non plus dans une opposition systématique. Nous pouvons aussi nous montrer constructifs et accompagnants sur les sujets qui vont dans le bon sens. Nous pouvons par exemple nous retrouver sur les Jeux olympiques de 2024. Mais nous restons vigilants notamment pour que les engagements budgétaires soient respectés. Il n’est pas question que ce soit les Parisiens qui paient l’addition. Nous devons être dans la sobriété.