VIDEO. Paris: Un militaire de la force Sentinelle agressé à Châtelet, le parquet antiterroriste saisi

PARIS Une enquête pour «tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique» a été ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris...

C.Ape et C.Po.
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Le 25 juillet 2016, un militaire participant à l'opération Sentinelle  vient renforcer la sécurité sur le territoire national en complément du plan Vigipirate.
Le 25 juillet 2016, un militaire participant à l'opération Sentinelle vient renforcer la sécurité sur le territoire national en complément du plan Vigipirate. — IAN LANGSDON / POOL / AFP

La scène n’a duré qu’une poignée de secondes. Ce vendredi, peu avant 6 h 30 du matin, un homme a agressé un militaire de l’opération Sentinelle alors qu’il patrouillait à la station de métro de Châtelet-les-Halles à Paris, a appris 20 Minutes de sources concordantes, confirmant une information de BFMTV.

Enquête pour « tentative d’assassinat »

L’homme s’est approché par-derrière et a menacé d’un couteau le militaire. Selon nos informations, il aurait tenu des propos d’ordre religieux au moment des faits. L’agresseur présumé a immédiatement été maîtrisé par le militaire menacé ainsi que le reste de la patrouille qui n’ont pas eu à faire usage de leurs armes. Il n’y a pas eu de blessés. Le suspect est inconnu des services de police et de justice mais selon BFM TV, il serait rentré dans les radars des services de renseignements en 2008 en adhérant à une association proche de la mouvance islamiste radicale. Il ne faisait néanmoins l’objet d’aucune fiche.

Au « regard du mode opératoire et de la cible institutionnelle visée » et des premiers éléments sur « la personnalité du suspect », la section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie, précise une source judiciaire. Une enquête en flagrance, confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle (SAT) et à la DGSI a été ouverte des chefs de « tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

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Les intentions de l’agresseur encore floues

« Nous n’en savons pas plus sur les intentions de l’agresseur, qui a été arrêté », a réagi la ministre des Armées Florence Parly sur Europe 1. Et de poursuivre : « Cette nouvelle attaque légitime pleinement ce que nous voulons faire, c’est-à-dire rendre ce dispositif encore plus imprévisible, encore plus indécelable pour les agresseurs potentiels. »

C’est la septième attaque contre des militaires de la force Sentinelle, mise en place dans le cadre du plan Vigipirate après les attentats de janvier 2015. La dernière en date a fait six blessés parmi un groupe de militaires percutés le 9 août par une voiture à Levallois-Perret, en Hauts-de-Seine. Cette attaque intervient au lendemain de l’annonce d’une « évolution » du dispositif Sentinelle, qui mobilise entre 7.000 et 10.000 militaires. Désormais, ils seront davantage mobilisés sur les points sensibles et sur certains événements ponctuels.

« Le Président de la République a dès ce matin immédiatement réuni autour de lui l’ensemble des spécialistes mobilisés sur ce sujet pour faire un point. Le parquet antiterroriste a été immédiatement saisi », a déclaré Christophe Castaner lors d’un point-presse sur la signature des lois de moralisation de la vie politique, en présence de la ministre de la Justice Nicole Belloubet.