VIDEO. Sénatoriales: Scrutin record et très ouvert à Paris avec l'arrivée des macronistes et les dissidences

ELECTIONS Dans la capitale, pas moins de treize listes se disputent les douze sièges (sur 170) renouvelés lors des élections sénatoriales du 24 septembre…

Anne-Laëtitia Béraud

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Le Sénat. (Illustration)
Le Sénat. (Illustration) — VINCENT WARTNER / 20 Minutes
  • La gauche comme la droite n’ont pas réussi à se rassembler pour ce scrutin.
  • La liste LREM qui rassemble ex-socialistes, centristes et LR-Constructifs espère un, voire trois ou même quatre sénateurs, selon le degré d’optimisme des macronistes.

Si discrètes, les élections sénatoriales signent un record à Paris. Treize listes* se disputent les voix des grands électeurs pour conquérir les douze sièges de sénateurs soumis au renouvellement ce dimanche. Entre l’arrivée de La République en marche (LREM), les listes issues des partis traditionnels et les dissidences, les équilibres parisiens semblent fragiles. 20 Minutes vous détaille ce point chaud des sénatoriales…

>> Le site du Sénat consacré à la circonscription à Paris

Force nouvelle dans le paysage politique, la liste LREM est conduite par l’ex-PS Julien Bargeton, adjoint aux finances de la maire de Paris Anne Hidalgo. Celle-ci rassemble d’anciens socialistes, des centristes ou encore des élus « Les Républicains-Constructifs » dont Jérôme Dubus qui se réjouit d’avance : « Si nous avons un élu, ce sera 100 % d’augmentation pour LREM car nous partons de zéro à Paris. » Fadila Mehal, élue Modem en deuxième position sur cette liste pronostique « trois à quatre sièges » gagnables. Mais la députée LREM Laetitia Avia nuance les espoirs : « Difficile de bousculer l’ordre établi [dans la capitale] car les sénatoriales sont la photographie parfaite d’un électorat ancien ».

>> Le site du ministère de l’Intérieur détaillant les listes aux sénatoriales à Paris

Les gauches bousculées 

Avec neuf sénateurs sortants, divisées, les gauches semblent avoir le plus à craindre du scrutin. Outre la liste PS de Rémi Féraud, maire du 10e arrondissement et président groupe PS au Conseil de Paris, ou celle écologiste-EELV de la sénatrice sortante Esther Benbassa, figure la liste divers gauche de Bernard Jomier, adjoint écologiste (ex-EELV) à la santé de la maire de Paris Anne Hidalgo. Rassemblant des socialistes et des écologistes, cette liste agace les équipes qui ont reçu l’investiture des partis. « Il y a une seule liste soutenue par le parti EELV, rappelle Esther Benbassa. L’autre liste [celle de Bernard Jomier] se dit écologiste car c’est à la mode, mais sa dominante n’est pas l’écologie », confie la sénatrice.

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Un argument que balaie Bernard Jomier, qui qualifie sa liste de « ni opposante systématique, ni affidée ». « Notre liste est portée par des valeurs. Nous refusons les étiquettes accordées par de vieux appareils politiques qui s'écroulent, car ils sont rejetés par les Français aux élections », affirme l’élu parisien. Au nom de ces valeurs, Bernard Jomier décroche une pique à l’endroit de Jérôme Dubus, numéro 3 (LR-Constructifs) sur la liste LREM : « Cette équipe n’a pas de cohérence. Jamais nous n’aurions intégré à notre liste un soutien de la Manif pour tous ». Des débats qui n’agitent pas les radicaux de gauche emmenés par Jean-Bernard Bros, président du groupe PRG au Conseil de Paris, ou les communistes conduits par le secrétaire national du PCF, le sénateur sortant Pierre Laurent.

Quatre listes à droite et au centre

Pour la droite et le centre, les sénatoriales n’ont rien d’une sinécure avec quatre listes. Emmenés par le sénateur sortant Yves Pozzo di Borgo, les centristes de l’UDI disposent d'une liste autonome. Le parti Les Républicains (LR) soutient la liste du sénateur sortant Pierre Charon, lui-même élu en 2011 en dissidence. Deux listes LR lui sont concurrentes, l’une menée par le sénateur sortant Philippe Dominati et l’autre par l'ancienne sénatrice Catherine Dumas. Ce qui fait dire au sarkozyste Pierre Charon : « Si on est dissident, il y faut réussir gagner son siège, sinon on fait perdre les petits camarades. » Son équipe, rassemblant des personnalités jeunes « de toutes les écuries LR », juge que « les divisions de la droite, mais aussi du centre [entre Modem et UDI] ne facilitent pas la situation ».

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L’argument de la division est repoussé tant par Philippe Dominati que Catherine Dumas. « On parle aujourd’hui d’une division de la droite parisienne, mais c’est faux. Il y a déjà eu un éclatement de la droite et du centre lors des deux dernières sénatoriales», balaie Philippe Dominati. Le candidat dissident estime que « la liste de Pierre Charon a été faite très à l’avance par la direction nationale [sarkozyste] du parti qui a depuis été désavouée par les élections nationales. » « Une liste de sarkozystes ne représente pas Paris », abonde Catherine Dumas. Celle-ci ne décolère pas contre Pierre Charon. « On m’avait promis la deuxième place sur la liste officielle avant de m’en écarter. Dans cette situation, cela n’a surpris personne que je construise ma liste », dit celle qui ajoute: « je prends mes responsabilités, jamais je ne ferai perdre de sièges à ma famille politique».

* Les treize listes présentes à Paris pour les sénatoriales, par ordre de dépôt : Liste écologiste de Paris (Esther Benbassa) ; Liste républicaine de la droite et du centre (Philippe Dominati) ; Parti animaliste (Hélène Thouy), Paris en commun (Pierre Laurent), Liste du Parti socialiste de Paris (Rémi Féraud) ; Majorité présidentielle-La République en marche (Julien Bargeton) ; Une équipe démocrate, humaniste et européenne pour Paris (Yves Pozzo di Borgo) ; Liste Bleu marine pour la défense de nos communes et de nos départements (Wallerand de Saint-Just) ; Liste « Les Républicains » conduite par Pierre Charon ; Liste de rassemblement PRG, GE et UDE (Jean-Bernard Bros) ; Liste parisienne des Républicains de la droite et du centre (Catherine Dumas) ; Nouveaux souffles : progressistes, écologistes, européens, démocrates (Bernard Jomier) ; Agir ensemble (Brahim Bouselmi).