Montreuil: la police évacue des habitants qui bloquaient une usine jugée toxique

SANTE PUBLIQUE Les manifestants exigent la fermeture du site, jugé toxique…

Lucien Petit-Felici avec AFP

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La police a procédé ce lundi à l'évacuation d'une usine chimique, bloquée par des manifestants qui exigeaient sa fermeture
La police a procédé ce lundi à l'évacuation d'une usine chimique, bloquée par des manifestants qui exigeaient sa fermeture — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • La police est intervenue ce jeudi pour déloger des manifestants dont des parents d’élèves de trois écoles à proximité.
  • Ils protestaient contre la toxicité supposée d’une usine à Montreuil.

La police est intervenue ce jeudi à Montreuil pour déloger une dizaine de manifestants, riverains et parents d’élèves, qui bloquaient depuis lundi l’accès à une usine. Les manifestants exigeaient la fermeture de la SNEM (Société nouvelle d’eugénisation des métaux), qui, selon eux, présentait un risque pour la santé publique en raison de sa toxicité supposée.

L’intervention des effectifs du commissariat de Montreuil, avec le renfort de CRS, s’est déroulée vers 7h15. Une source policière a souligné auprès de l’AFP le caractère pacifique de l’évacuation. « Nous avons ordre d’interdire les blocages pour permettre aux employés d’entrer sur le site » de cette usine spécialisée dans le traitement chimique de pièces destinées aux groupes aéronautiques Airbus et Safran, située au centre de Montreuil, 34-36, rue des Messiers, a ajouté cette source.

Une action illégale

Mercredi, la préfecture de Seine-Saint-Denis avait dénoncé dans un communiqué une action « illégale », car non déclarée en préfecture et constituant un délit d’entrave, et « infondée » compte tenu des « échanges approfondis entre les services de l’Etat, la mairie et les riverains » sur ce sujet.

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De leur côté, les habitants mobilisés pour la fermeture de l’usine, dont des parents d’élèves scolarisés dans les écoles voisines, ont dénoncé avec force cette intervention. « Au lieu d’appliquer le principe de précaution », le préfet « choisit la force pour protéger l’activité de l’usine », lui permettant ainsi de « continuer à intoxiquer "légalement" », ont-ils affirmé dans un communiqué.

Une mise en danger de la vie d’autrui

En réponse, des parents d’élèves ont occupé brièvement les locaux administratifs des trois écoles voisines de l’usine. Ils annoncent leur intention de saisir le procureur de la République pour « cette mise en danger de la vie d’autrui ».

Depuis des années, des habitants du quartier s’inquiètent de la présence de cette usine et leur mobilisation a pris une nouvelle tournure après qu’une leucémie a été diagnostiquée chez un écolier du quartier en juin.

Les autorités ont lancé une série de contrôles et d’analyses pendant l’été. L’exploitant a notamment été mis en demeure de modifier son système de ventilation et d’améliorer sa gestion des déchets.

Un produit chimique bientôt interdit

Mais, selon la préfecture de Seine-Saint-Denis, « aucun élément ne démontre aujourd’hui l’existence d’un danger pour les riverains » qui « nécessiterait de procéder à la fermeture de cette dernière ».

Sans convaincre les opposants, qui ont dénoncé jeudi, sur la base d’un rapport publié lundi de l’Agence régionale de santé (ARS) et dont l’AFP a eu connaissance, la concentration trop élevée en « chrome 6 » à l’intérieur de l’usine. Ce produit chimique réputé toxique doit être interdit le 21 septembre dans le cadre d’une directive européenne.