VIDEO. Laboratoire d’explosifs à Villejuif: Un lieu de stockage de produits découvert à Thiais

TERRORISME Trois hommes ont été placés en garde à vue…

Caroline Politi

— 

Une opération antiterroriste à Villejuif (Val-de-Marne) après la «découverte d'éléments pouvant entrer dans la composition d'explosifs», le mercredi 6 septembre 2017.
Une opération antiterroriste à Villejuif (Val-de-Marne) après la «découverte d'éléments pouvant entrer dans la composition d'explosifs», le mercredi 6 septembre 2017. — CHRISTOPHE SIMON / AFP
  • Trois hommes sont actuellement en garde à vue.
  • Selon le ministre de l’Intérieur, des liens avec la zone « irako-syrienne » ont été mis en lumière.
  • Les suspects nient toutes velléités djihadistes.

C’est une découverte particulièrement inquiétante qu’ont fait, presque par hasard, les forces de l’ordre mercredi. Au troisième et dernier étage d’un appartement de Villejuif, dans le Val-de-Marne, un laboratoire clandestin destiné, semble-t-il, à fabriquer des explosifs a été démantelé. L’enquête a connu un nouveau tournant dans la nuit avec l’interpellation d’un troisième suspect, a indiqué une source judiciaire à 20 Minutes. Le point sur les premiers éléments de l’enquête.

Comment ce laboratoire a-t-il été découvert ?

Cette découverte, probablement la plus inquiétante de ces dernières semaines, semble totalement fortuite. C’est un plombier, intervenant sur une fuite d’eau récurrente dans l’immeuble à la demande de la copropriété qui a donné l’alerte en fin de matinée après avoir aperçu des produits suspects. En pénétrant les lieux, les policiers découvrent de nombreux produits entrant dans la composition d’explosifs. Outre 100 grammes de TATP déjà préparé – un explosif extrêmement instable, utilisé notamment lors des attentats du 13 novembre –, plusieurs litres d'acétone, d"eau oxygénée et d'acide chlorhydrique et des éléments pouvant servir à confectionner un détonateur ont été recensés.

Ce jeudi, de nouveaux produits permettant la confection d’explosifs ont été retrouvés à Thiais, toujours dans le Val-de-Marne. Les éléments, sensiblement les mêmes que ceux découverts dans l'appartement de Villejuif, étaient cachés dans un box, au sein d'une zone industrielle, loué par l’une des deux personnes placées en garde à vue mercredi, a appris 20 Minutes de source judiciaire.

Qui a été interpellé ?

Deux hommes de 36 et 47 ans, ont été interpellés en tout début d’après-midi au Kremlin-Bicêtre, une commune jouxtant Villejuif. Le plus jeune serait le locataire de l’appartement. Tous les deux ont un casier vierge et ne sont pas connus des services de renseignements, précise une source proche du dossier.

Interrogé sur France Info ce jeudi matin, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a indiqué que tous deux avaient nié le caractère terroriste de leur entreprise au cours des premières heures de leur garde à vue. « Ils parlent d’avoir voulu faire sauter des banques avec le TATP, mais ce que l’on voit, c’est qu’ils étaient liés avec le terrorisme, c’est plutôt dans cette direction qu’il faut chercher », a déclaré le locataire de la place Beauvau.

Un troisième homme, âgé de 37 ans, a été interpellé dans la nuit à Vitry-sur-Seine et placé en garde à vue. Selon nos informations, l'homme fait l'objet d'une fiche "S". 

Des liens avec la Syrie ?

Différents éléments contredisent néanmoins la thèse du grand banditisme. Dans l’appartement conspiratif, des écrits à la gloire d’Allah ont été découverts. Par ailleurs, selon le ministre de l’Intérieur, des communications avec des individus se trouvant en « zone irako-syrienne » ont été mises à jour. Les enquêteurs s’interrogent également sur un éventuel lien avec les attentats de Barcelone et Cambrils après la découverte dans l’appartement d’une boîte d’allumettes espagnole. « C’est peut-être possible, a indiqué Gérard Collomb. L’enquête nous le montrera. »

La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et « détention, transport et fabrication de substances explosives en relation avec une entreprise terroriste et en bande organisée ». Les investigations ont été confiées à la section antiterroriste de la brigade criminelle (SAT) et à la DGSI.