Seine-Saint-Denis: Jugé pour avoir poussé une femme sur les rails du RER

PROCES La jeune femme avait pu être sauvée in extremis grâce aux réflexes d'une amie et du conducteur du RER...

20 Minutes avec AFP

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Une jeune femme a été poussée sur les voies par un déséquilibré (photo d'illustration).
Une jeune femme a été poussée sur les voies par un déséquilibré (photo d'illustration). — SIPA

Plus de deux ans après les faits, le geste de Mahmoude Zaier reste encore une énigme. Pourquoi cet homme de 39 ans a-t-il poussé sur les rails une jeune femme qu’il ne connaissait pas ? Est-ce pour se venger d’un mauvais regard, comme il l’affirme. Doit-on y voir l’expression de sa radicalisation ou celle de sa folie ? C’est ce que la cour d’assises de Seine-Saint-Denis devra déterminer au cours des deux jours d’audience pour « tentative d’homicide ».

« Je dois le faire, même si je vais en prison »

Ce 2 février 2015, vers 8h20, Anne Tartaglione discute avec une amie sur le quai du RER E à la station Rosny-sous-Bois, près de Paris, lorsque l’homme, qu’elles ne connaissent pas, s’approche d’elles. Immédiatement, le suspect, identifié au cours de l’enquête comme étant Mahmoude Zaier, les invective. « Je n’ai pas le choix », « je dois le faire, même si je dois aller en prison », balbutie-t-il. Les deux femmes s’éloignent. En vain, l’homme les suit.

Après les avoir accusées de « rigoler » dans son dos, il pousse violemment Anne Tartaglione sur les rails. La jeune femme ne doit son salut qu’aux réflexes de son amie qui parvient à la rattraper avant qu’elle ne tombe et au conducteur du RER qui stoppe à temps son train. Témoin de la scène, l’homme a raconté qu’il entrait en gare, à environ 65 km/heure, lorsqu’il a aperçu une personne « tomber à la renverse vers les rails ». Il avait alors freiné et klaxonné.

Radicalisation en prison 

Mahmoude Zaier, 39 ans, a été interpellé trois jours plus tard à Rosny-sous-Bois. En garde à vue, il a expliqué avoir seulement voulu pousser la femme, et non pas la tuer, parce qu’elle se moquait de lui. La piste djihadiste avait été brièvement évoquée. L’homme, condamné à quatre reprises dont une fois à sept ans de prison pour tentative d’assassinat en 1999, se serait radicalisé derrière les barreaux.

C’est derrière les barreaux que, d’après ses déclarations aux enquêteurs, il a découvert « la religion et le cannabis ». Il se décrit comme musulman pratiquant, pratique l’abstinence sexuelle par conviction religieuse et refuse de condamner la violence contre les « mécréants ». A sa sortie de prison, il avait menacé de faire un « carnage », selon une source proche de l’enquête.

Hospitalisé cinq fois en psychiatrie

L’enquête de personnalité a néanmoins révélé que le suspect avait été hospitalisé à cinq reprises en service psychiatrique. Les expertises, réalisées au cours de l’instruction, ont établi que son discernement était altéré au moment des faits mais qu’il était cependant accessible à une sanction pénale. Des proches ont raconté que Mahmoude Zaier, qui a arrêté l’école à 16 ans et n’a jamais travaillé, leur avait confié « entendre des voix » et « avoir la haine contre les femmes ».

Le verdict est attendu mercredi.