Meaux: Les pickpockets de Disneyland condamnés à de la prison ferme, de 2 à 6 ans

FAITS DIVERS Le couple qui contraignait ses enfants au vol et à l’origine de ce réseau de pickpockets a été condamné à 5 et 6 ans de prison…

Floreal Hernandez
L'entrée du parc Disneyland Paris surveillé par un agent de sécurité. (Illustration)
L'entrée du parc Disneyland Paris surveillé par un agent de sécurité. (Illustration) — Michel Euler/AP/SIPA
  • Le tribunal a ordonné la confiscation de des biens acquis en Roumanie avec le produit des larcins pour l’une des accusées.
  • Un mandat d’arrêt a été émis contre une femme, qui n’était pas présente à l’audience.

De 2014 à 2016, ce clan a amassé plus d’un million d’euros en faisant les poches des touristes aux alentours de Disneyland Paris, de sa gare RER et du centre commercial Val d’Europe, situé à proximité. Douze personnes ont été jugées par le tribunal correctionnel de Meaux, cette semaine.

Parmi les accusés, on trouvait un couple de Tziganes roumains qui contraignaient leurs enfants à voler pour leur propre compte et ceux du clan familial. Jeudi, le patriarche, Marian Tinca, 57 ans, a été condamné à 6 ans de prison et son ex-femme, Maria Iamandita, 51 ans, à une peine de 5 ans d’emprisonnement. Le procureur avait requis huit ans de prison contre le couple.

Des peines d’interdiction du territoire prononcées

Jugés en même temps, les sept autres membres du clan impliqués dans ce vaste réseau de pickpockets qui sévissait aux abords de Disneyland Paris et dans les transports en commun franciliens (RER et métro), soit les quatre enfants majeurs du couple et leurs conjoints, ont écopé de peines allant de 2 à 4 ans d’emprisonnement.

Une femme de 38 ans, parente de la famille, et dont les deux fils volaient aux côtés des enfants de la famille Iamandita, a été condamnée à 4 ans ferme. Le tribunal a ordonné la confiscation de ses biens acquis en Roumanie avec le produit des larcins de sa progéniture.

Des peines d’interdiction du territoire comprises entre 5 et 10 ans ont également été prononcées à l’encontre des prévenus, dont neuf étaient incarcérés depuis le démantèlement du réseau en février 2016. Un mandat d’arrêt a été émis contre une femme, qui n’était pas présente à l’audience.

Ils ont nui à « l’image de la France » auprès des touristes étrangers, selon le procureur

« Le tribunal a su ne pas tenir compte de la pression populaire et ne juger que sur les certitudes que nous avions sur le dossier », s’est réjoui l’avocat de la matriarche, maître Nicolas Crécy, qui avait critiqué la veille la sévérité des réquisitions.

Mercredi, le procureur avait requis huit ans de prison contre le couple, l’accusant d’avoir exploité de manière « absolument ignoble » leurs enfants, traités comme des « machines à sous ». Et fortement nui, en encourageant leurs vols à la tire quotidiens, à « l’image de la France » auprès des touristes étrangers.

Renvoyée devant le tribunal pour recel, la patronne d’un restaurant chinois de Pigalle chez qui les enfants cachaient les espèces volées a été condamnée à 5 mois de prison avec sursis. Quant au propriétaire et au gérant d’un hôtel de Pantin (Seine-Saint-Denis), un père et son fils qui étaient poursuivis pour blanchiment en raison des loyers qu’ils avaient perçus de plusieurs membres de la famille Tinca-Iamandita, ils ont été relaxés.