Paris: Au fait, où en est la candidature pour l’Exposition universelle 2025?

INTERVIEW Alors que Paris va officiellement être désigné le 13 septembre ville organisatrice des JO 2024, la candidature pour l’Exposition universelle 2025 avance dans un certain anonymat. Jean-Christophe Fromantin, porteur du dossier, répond aux questions de « 20 Minutes »…

Propos recueillis par Romain Lescuieux
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Jean-Christophe Fromantin
Jean-Christophe Fromantin — PATRICK KOVARIK / AFP
  • La candidature française doit remettre un dossier de 600 à 700 pages le 28 septembre au Bureau international des expositions.
  • Le dossier français s’appuie sur le plateau scientifique et universitaire de Saclay et sur 17 métropoles françaises.

Vers un doublé ? Alors que le CIO (Comité international olympique) doit rendre son verdict le 13 septembre prochain à Lima (Pérou) et officialisé Paris-2024, où en est la candidature de la France pour l’Exposition universelle 2025 ? En 2014, alors dubitative sur les Jeux olympiques, la maire de Paris, Anne Hidalgo vantait les mérites de cette Exposition universelle, avant d’effectuer un changement de cap à 360°.

Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine, porteur de la candidature à l’Exposition universelle 2025, continue, lui, le combat d’arrache-pied. Et croit en une victoire en novembre 2018. Doublé Jeux-Expo, travail de prospection… Jean-Christophe Fromantin répond aux questions de 20 Minutes.

Où en est la candidature de la France pour l’Exposition universelle de 2025 ?

Nous sommes actuellement dans une phase assez besogneuse puisque nous sommes dans la dernière relecture du dossier de candidature qui a été bouclé fin juillet. Ce document de 600-700 pages contient tous les détails techniques. Nous allons faire la traduction et la mise en forme en septembre pour le transmettre au Bureau international des expositions (BIE) le 28 septembre après l’avoir transmis à la communauté internationale. Là, plus personne ne pourra toucher à son dossier. En parallèle, nous avons un moment important le 6 septembre : A Astana au Kazakhstan il y aura une soirée de lancement qui réunira tous les délégués mondiaux (170) du BIE. Notre but est de démarrer la prospection et de les rencontrer individuellement pour les convaincre que la candidature française est la meilleure.

Justement, quels sont les points forts de la candidature française ?

Nous sommes encore assez discrets puisque nous avons deux gros adversaires devant nous. En l’occurrence, les Russes (pour Ekaterinbourg) et les Japonais (pour Osaka). Mais globalement nos points forts sont multiples. Tout d’abord, un thème dans l’ère du temps « partager la connaissance, protéger la planète » et les premiers échos de la communauté internationale sur ce thème sont très positifs. Ensuite, nous jouons beaucoup sur une Expo qui mobilise toute la France, le Grand Paris, qui s’articule autour du plateau de Saclay mais aussi de 17 autres métropoles. C’est la première fois qu’un pays soit mobilisé dans son ensemble pour cet événement. Nous avons aussi beaucoup revisité l’Expo. Les dernières étaient des reproductions d’autres expositions, de notre côté, il y aura de l’innovation. Nous avons notamment retravaillé l’expérience visiteurs et l’accueil des pays étrangers. Enfin, sur le plateau de Saclay, nous jouons la carte du campus, avec ses étudiants du monde entier, ses professeurs et chercheurs.

Paris va être désigné pays organisateur des Jeux olympiques le 13 septembre prochain, est-ce un coup dur ou un atout pour la candidature française à l’Expo Universelle ?

Pour nous, c’est plutôt un atout à deux niveaux. D’abord car on sent que la communauté internationale est très sensible au renouveau de la France, notamment avec l’élection d’Emmanuel Macron et de ses futurs Jeux olympiques. La France existe, s’ouvre et est moins repliée sur elle-même. L’autre point c’est la rénovation des systèmes de transports du Grand Paris. Le fait d’avoir les J.O et les engagements pris sur le Grand Paris Express et le CDG Express fait que nous donnons des gages supplémentaires de fiabilité à notre candidature.

Pensez-vous toujours que les deux événements peuvent se dérouler en France à une année d’intervalle ?

Oui, la Chine et l’Espagne l’ont fait. Le doublé s’est déjà pratiqué et je l’espère, pour contribuer à une nouvelle image de la France et son envie d’accueillir le monde. Après Lima, je pense que le président de la République va totalement s’engager dans l’Exposition universelle. C’est en tout cas le message qui nous a été adressé. Les Jeux et l’Expo seraient une bonne chose notre cohésion nationale et notre économie.

Pouvez vous rappeler combien coûterait l’organisation de l’Expo ?

Notre budget est de 3,5 milliards d’euros mais à la différence des événements sportifs, c’est un budget entièrement auto-financé et il n’y a pas besoin d’argent public. Il repose sur l’économie de la billetterie. L’Expo dure six mois avec une hypothèse de 40 à 50 millions de visiteurs. Et donc une recette de l’ordre de deux milliards d’euros. Ensuite, il y a des recettes accessoires et d’événements extrêmement lucratifs. L’Expo universelle est une opération qui génère plutôt des résultats positifs.