Migrants à Paris: C'est quoi cette histoire de «camp préparé en secret» dans le 15e?

MIGRANTS Plus de 2.000 migrants ont été évacués ce vendredi matin de campements sauvages installés porte de La Chapelle. Certains ont été transférés sur un site du 15e arrondissement...

R.L.

— 

Reportage à la Porte de la Chapelle auprès des migrants les 25 et 27 juillet 2017. Distribution de petit-déjeuners avec le collectif Solidarité Migrants Wilson et l'association Utopia. Visite des campements et observation des conditions de vie. Rencontre avec une habitante du quartier.  Olivier Juszczak.
Reportage à la Porte de la Chapelle auprès des migrants les 25 et 27 juillet 2017. Distribution de petit-déjeuners avec le collectif Solidarité Migrants Wilson et l'association Utopia. Visite des campements et observation des conditions de vie. Rencontre avec une habitante du quartier. Olivier Juszczak. — OLIVIER JUSZCZAK/20 MINUTES
  • L'évacuation des campements sauvages de la porte de La Chapelle de ce vendredi matin est la 35e en deux ans à Paris.
  • Un campement aurait été installé et préparé « en grand secret » dans le 15e, ce qui fait fulminé le maire d'arrondissement Philippe Goujon

Ce vendredi matin, plus de 2.000 migrants, en très grande majorité des hommes entre 20 et 30 ans, ont été évacués de campements sauvages installés depuis plusieurs semaines, à la porte de La Chapelle (18e arrondissement). C’est la 35e opération du genre en deux ans dans la capitale.

>> A lire aussi : Le camp de migrants de La Chapelle à nouveau évacué

18 gymnases de région parisienne mobilisés

Au total, 18 gymnases de région parisienne ont été mobilisés pour accueillir ces migrants originaires essentiellement d’Afghanistan, du Soudan, de Somalie et d’Erythrée. « Plus de 2.000 places d’hébergement ont été prévues », a déclaré à l’AFP Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’Immigration et de l’Intégration (Ofii).

>> A lire aussi : Porte de la Chapelle, «la plupart des migrants présents depuis l’évacuation sont de nouveaux arrivants»

Selon Le Parisien, plusieurs centaines de personnes ont été transférées dans un campement installé et préparé « en grand secret » dans le 15e arrondissement parisien, rue Lacretelle, près de la Porte de Versailles. L’Etat, la préfecture de région, la préfecture de police et la ville de Paris y ont en effet aménagé un lieu sur plusieurs hectares, confié à l’association Aurore, au grand dam du maire de l’arrondissement.

« Des tentes comme dans des villages du Moyen-Orient, en plein Paris »

Interrogé par 20 Minutes, Philippe Goujon, ne décolère pas. Le maire du 15e est « remonté » contre ce « camp secret ». « A aucun moment, je n’ai été informé », peste-t-il. « Ce sont des riverains qui m’ont alerté mercredi du montage de tentes sur le campus sportif de l’Institut d’éducation physique, de l’université Paris 2 Panthéon-Assas ». « Des tentes comme dans des villages du Moyen-Orient, mais en plein Paris. Qu’est-ce que ça vient faire dans un centre universitaire ? », peste-t-il.

« Le préfet de région m’a confirmé l’information et m’a dit qu’il n’avait pas trouvé d’autres sites mais je considère que cette politique menée sans accompagnement, sans préparation, sans informations, est inadéquate et inefficace. Il y a un mépris des élus et une absence de transparence. Nous sommes dans un pays totalitaire et ces gens sont accueillis dans des conditions indignes », ajoute-t-il.

>> Lire aussi. Migrants: Vers l’ouverture d’autres centres d’accueil sur le modèle de la Chapelle?

« C’est un terrain qui appartient à l’Etat »

La mairie de Paris recadre. « C’est une décision qui ne nous appartient pas, indique au Parisien, le porte-parole de la mairie de Paris. Et c’est un terrain qui appartient à l’Etat. » Sur l’évacuation du camp de la porte de La Chapelle, « il n’a que trop duré. Deux mille personnes qui dorment dans la rue, ce n’est pas possible », ajoute-t-on à l’hôtel de ville. Dans le 15e arrondissement, les migrants ne devraient y rester que deux semaines. Mais Philippe Goujon, lui, n’y croit pas. « Je n’ai pas confiance en ce que l’Etat me dit ».