#20MINUIT. Paris: La nuit, son effervescence, son évolution… Ses acteurs livrent leur analyse

SORTIES A l’occasion de la Conférence nationale de la vie nocturne, « 20 Minutes » a interrogé les différents acteurs de la nuit parisienne…

Romain Lescurieux

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Le parc Floral de Paris accueille le festival The Peacock Society dédié à la musique électro
Le parc Floral de Paris accueille le festival The Peacock Society dédié à la musique électro — Maxime Chermat
  • « Il y a cinq ans, il n’y avait aucun festival electro à Paris, aujourd’hui, il y en a quasiment tous les mois. »
  • « Une nouvelle génération qui faisait la fête à Berlin et Londres et n’a plus eu envie de connaître des gens pour entrer en boîte de nuit, surpayer ou se faire humilier. »
  • « Je suis apeuré par le récent décret concernant la baisse du nombre de décibels dans les festivals et les discothèques. »

20 Minutes est partenaire de la Conférence nationale de la vie nocturne qui se tient à Paris, jeudi et vendredi. A cette occasion, nous avons décidé de nous intéresser aux activités, pratiques, modes de consommation liés à la nuit.

De jour, de nuit, en plein air, sur une friche ou en boîte de nuit, la vie festive parisienne propose aujourd’hui une large palette d’événements et de façons de sortir. Effervescence, évolution, avenir et limites de la fête dans la capitale… Différents acteurs de la nuit parisienne livrent leur sentiment auprès de 20 Minutes.

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Clément Meyer : Programmateur du Peacock festival

« Depuis quelques années, on a vu beaucoup de nouveaux acteurs arriver sur la scène parisienne. Il y a cinq ans, il n’y avait aucun festival electro à Paris, aujourd’hui, il y en a quasiment tous les mois. En 2009, la pétition Quand la nuit parisienne meurt en silence, a été un détonateur pour les acteurs, les promoteurs, les institutions… On sent que ces dernières ont envie de se servir de la musique et faire du tourisme culturel, un axe de développement, c’est-à-dire faciliter les événements à Paris et les accompagner ».

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Fabrice Desprez : Attaché de presse chez Phunkster et ancien organisateur de soirées

« C’est le jour et la nuit. Paris a surexplosé et n’a jamais connu ça avant. Le déclic : Une nouvelle génération qui faisait la fête à Berlin et Londres et n’avait plus envie de connaître des gens pour entrer en boîte de nuit, surpayer ou se faire humilier. Ces règles qui ont fonctionné durant trente ans sont tombées. L’approche de cette nouvelle génération, était de trouver des nouveaux lieux pour y organiser des trucs cool. Désormais, Paris est la meilleure ville du monde au niveau de la programmation. Et je ne vois pas comment ça peut retomber. En cinq ans, Paris est devenu une vraie destination de fête pour les jeunes français et européens, avec des lieux de pèlerinage comme la Concrete, qui donne également de l’inspiration ».

Un bar du 10e arrondissement en novembre 2015
Un bar du 10e arrondissement en novembre 2015 - SIPA PRESS

Alexandre Jaillon : Directeur et cofondateur de We Love Art

« A l’époque, on essayait de rester en dessous des radars et de ne pas trop se faire remarquer, car on pensait que ça allait plus nous apporter des problèmes qu’autre chose. Aujourd’hui, on discute très régulièrement avec la mairie de Paris et la préfecture de police pour pouvoir faire des événements avec leur appui et leurs conseils. Il y a un vrai dialogue ».

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Aurélien Dubois : Président de la Chambre Syndicale des Cabarets Artistiques et Discothèques et président de l’agence Surprize (Concrete, Weather Festival).

« Aujourd’hui, il y a un élan et un dynamisme à Paris et en France avec beaucoup d’événements la nuit mais aussi le jour, notamment autour de la musique électro. J’espère que cet élan va continuer. Néanmoins, je suis apeuré par le récent décret concernant la baisse du nombre de décibels dans les festivals et les discothèques (102 décibels contre 105 auparavant). Nous sommes des professionnels, nous travaillons d’arrache-pied et en bonne intelligence avec la Mairie et la préfecture de police, pour faire ressortir les gens tout en faisant de la prévention. Et derrière, il y a ce coup bas. Cela prouve qu’il y a encore une vraie incompréhension sur notre métier et un manque de confiance. Cela stigmatise notre secteur et je vois mal comment un manager, un artiste et les touristes pourraient venir désormais en France, alors que ce décret n’existe pas ailleurs. C’est très préoccupant. »

Illustration d'une soirée en discothèque.
Illustration d'une soirée en discothèque. - GHNASSIA ANTHONY/SIPA

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Frédéric Hocquard : Conseiller à la mairie de Paris chargé des questions relatives à la « Nuit »

« La nuit parisienne est redevenue très dynamique. A l’instar de Berlin ou Londres, Paris est une des métropoles où la vie nocturne est des plus actives. Il y a plusieurs raisons : le développement de nouvelles esthétiques, notamment dans le domaine de l’electro française, avec une nouvelle génération de patrons d’établissements qui fait preuve d’un grand professionnalisme. Ensuite, parce que depuis 2014, j’ai, grâce à Anne Hidalgo, mis en place une politique spécifique de développement de la vie nocturne. Nous avons commencé par créer un Conseil de la Nuit parisienne qui regroupe l’ensemble des acteurs concerné par la nuit parisienne. L’idée c’est de mettre tout le monde autour de la table pour co-construire une politique de la Nuit à Paris ».