Levallois-Perret: «J'ai été réveillée en sursaut par des cris et j'ai vu une voiture passer»

SOCIETE Six militaires ont été renversés par une voiture ce mercredi matin à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Trois sont grièvement blessés. Les riverains sont dans l'incompréhension après cette attaque ciblée...

Romain Lescurieux

— 

Ce mercredi matin à Levallois-Perret après l'attaque
Ce mercredi matin à Levallois-Perret après l'attaque — Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

Il est aux alentours de 8 heures du matin ce mercredi, lorsque Vickie, 56 ans, sort brusquement de son sommeil. « J’ai été réveillée en sursaut par des cris », assure-t-elle. Cette habitante d’un immeuble situé place de Verdun - en plein centre-ville de la commune cossue de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) - se précipite alors à sa fenêtre et voit « une voiture passer » à vive allure avec à son bord « une personne seule ».

Ce véhicule vient de foncer sur des militaires de l’opération Sentinelle, faisant six blessés - dont trois grièvement - avant de prendre la fuite. Un acte qui a conduit le parquet antiterroriste à se saisir de l’enquête. Les riverains sont sous le choc.

>> Lire aussi. Suivez les événements en direct par ici

« C’est un peu leur GQ ici »

Depuis deux ans, des immeubles sociaux accueillent les cinquante militaires déployés sur les sites sensibles à protéger dans la commune. C’est en sortant ce matin de cette résidence, pour prendre leur service et monter à bord de leur véhicule, que les militaires - du 35e régiment d’infanterie de Belfort - ont étéciblés par une BMW série II de couleur sombre. « C’est un peu leur GQ ici. Tous les matins, ils partent en petit groupe. Depuis qu’ils sont là, je me sens en sécurité. Jamais, je n’aurais pensé qu’une attaque se déroule ici. Je suis choquée », affirme Brigitte, qui habite l’immeuble en face depuis trente ans.

>> Lire aussi. VIDEO. Levallois-Perret: Ce que l'on sait de l'attaque contre des militaires

« J’ai entendu un énorme bruit, j’ai d’abord cru qu’un échafaudage était mis en place », a raconté à l’AFP Thierry un résident de l’immeuble, qui a vu depuis son balcon « deux militaires à terre, semblant inanimés », entourés d’une dizaine d’autres soldats. Très vite, le Samu, les pompiers et la police sont arrivés sur place. « J’ai vu des militaires sur des civières », lance une autre voisine. « J’ai tout de suite compris qu’il y avait des blessés », ajoute Vickie qui habite ici depuis dix ans. Non loin, Mohammed, ne « comprend pas ». « C’est une ville et quartier paisible. Pourquoi ça se passe ici ? », questionne celui qui habite la commune depuis 1958.

« Un acte délibéré »

Dans la matinée, un périmètre de sécurité a été mis en en place. Plusieurs dizaines de policiers municipaux et de la police nationale et des militaires de la mission Vigipirate se trouvaient au pied du bâtiment de 12 étages qui donne sur un parc arboré.

Vers 12h, le maire de Levallois Patrick Balkany, est venu s’exprimer devant la presse. Il a dénoncé une « odieuse honteuse » et un « attentat est vraiment odieux ». Le véhicule était « prépositionné dans l’allée » et « a foncé » sur le groupe de militaires, a-t-il précisé sur BFM TV.

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a dénoncé « un acte délibéré ». « Une voiture qui était dans le quartier est arrivée vers le dispositif, elle roulait doucement, à 5 mètres à peu près des militaires, elle a accéléré de manière à pouvoir les percuter. (…) ce n’est pas un acte accidentel », a-t-il déclaré devantl’hôpital Bégin à Saint-Mandé (Val-de-Marne), où il rendait visite à des blessés avec la ministre des Armées Florence Parly. Leur pronostic vital n’est pas engagé.

En début d’après-midi, le véhicule soupçonné d’avoir percuté les militaires a été intercepté sur l’autoroute A16 en direction de Calais et son conducteur, blessé par balle par la police, a été interpellé, a-t-on appris de sources concordantes.