Agression sexuelle d'un engagé en 2012: Dix pompiers renvoyés en correctionnelle

SOCIETE Le juge d'instruction demande, conformément aux réquisitions du parquet de Paris, que trois pompiers soient jugés pour «agression sexuelle en réunion»...

20 Minutes avec AFP

— 

La brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP)
La brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) — Joel Saget afp.com

Cinq ans après l'agression sexuelle d'un engagé qui avait conduit à la dissolution de la prestigieuse équipe de gymnastique de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), dix de ses anciens membres ont été renvoyés devant le tribunal, a-t-on appris jeudi de sources judiciaire et proche du dossier.

« Agression sexuelle en réunion »

Dans son ordonnance du 21 juillet, le juge d'instruction demande, conformément aux réquisitions du parquet de Paris, que trois pompiers soient jugés pour «agression sexuelle en réunion», ont précisé ces sources, confirmant une information d'Europe 1. L'un d'entre eux avait été mis en examen pour viol, mais cette qualification n'a pas été retenue.

En mai 2012, un engagé de 23 ans avait déposé plainte, accusant un de ses collègues de l'avoir violé avec une bouteille en présence d'autres pompiers, dont un officier et un sous-officier, après une séance de bizutage dans un autocar ramenant l'équipe de gym de la BSPP de Colmar à Paris. La scène avait été filmée avec un téléphone.

Le jeune homme avait été mordu, reçu plusieurs gifles et fessées et les examens médicaux avaient mis en lumière de multiples lésions traumatiques. Un autre engagé avait déposé plainte après avoir fait l'objet de châtiments corporels.

« Voilà plus de cinq ans que nous attendons ce procès »

Dans la foulée de ce scandale, la prestigieuse équipe de gymnastique, créée en 1919 et qui comptait 50 gymnastes de très haut niveau, avait été dissoute.

Pendant l'enquête, des mis en examen ont mis en avant «un prétendu consentement des victimes», mais le ministère public a rejeté cette interprétation dans son réquisitoire rendu en mai. «Ils ont été maintenus au niveau des bras et des jambes pour se voir infliger des violences et diverses humiliations auxquelles ils n'adhéraient pas car ils se débattaient et criaient», souligne-t-il.

«Voilà plus de cinq ans que nous attendons ce procès. Mes clients sont à la fois résignés face à ces délais insupportables et impatients de tourner la page», a réagi à l'AFP Me Nicolas Cellupica, avocat des victimes.

Le juge a également ordonné le renvoi de cinq ex-membres de l'équipe pour «violences volontaires en réunion» et de deux autres pour «non empêchement de la commission d'un délit».

Il a en revanche prononcé un non-lieu pour l'officier et le sous-officier présents dans le car au moment des faits, conformément aux réquisitions du parquet. Ce dernier avait estimé qu'il n'était pas établi que les deux hommes aient eu «une parfaite connaissance des violences et actes sexuels infligés».