Paris: Bal des pompiers, défilé militaire et feu d’artifice... Le casse-tête sécuritaire

SECURITE Pour les festivités des 13 et 14 juillet, la préfecture de police de Paris a annoncé la mobilisation de 11.000 policiers et gendarmes supplémentaires…

Caroline Politi

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Les festivités du 14 juillet sont devenues un casse tête sécuritaire.
Les festivités du 14 juillet sont devenues un casse tête sécuritaire. — AFP
  • Plusieurs arrêtés créant des «zones de protection et de sécurité» ont été pris
  • La venue de Donald Trump représente un «enjeu fort», selon le préfet de police de Paris

Pour les Parisiens et les touristes de passage, ce sont deux jours de festivités en perspective. Dès ce jeudi soir, les traditionnels bals des pompiers tiendront éveillés les fêtards jusqu’au petit matin. Le lendemain, 100.000 personnes sont attendues pour admirer le défilé militaire sur les Champs-Elysées. Le concert géant et le feu d’artifice, qui rassemblent chaque année plusieurs centaines de milliers de personnes sur le Champ-de-Mars, clôtureront ces célébrations. Mais ces festivités, dans un contexte où la menace terroriste est à son comble, sont un véritable casse-tête sécuritaire pour les autorités.

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« Toute la maison est mobilisée », a assuré le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, lors d’une conférence de presse. Quelque 11.000 policiers et gendarmes supplémentaires sont mobilisés au cours de ces deux jours pour assurer la sécurisation, tant en termes de menace terroriste que pour parer aux éventuelles violences urbaines. « La BRI [brigade de recherche et d’intervention] se tient en réserve, prête à intervenir partout dans la capitale », a-t-il précisé. A ces effectifs, s’ajoutent les 3.500 militaires de l’opération Sentinelle présents à Paris et dans la Petite couronne, ainsi que 1.500 sapeurs pompiers.

Des zones de protection et de sécurité

Que ce soit pour le défilé militaire comme pour le feu d’artifice sur le Champ-de-Mars, des arrêtés préfectoraux ont été émis dans le cadre de l’état d’urgence afin d’organiser des « zones de protection et de sécurité », un dispositif relativement similaire à celui des fan-zones mises en place pendant l’Euro de football 2016. Dans ces secteurs, les forces de l’ordre pourront procéder à des contrôles d’identité, des palpations de sécurité, les sacs seront fouillés à l’entrée.

Tout objet pouvant être utilisé comme une arme, mais également les pétards – dont la vente est interdite à Paris depuis le 8 jusqu’au 15 juillet – et l’alcool, seront interdits de séjour. « Chaque année qui passe rend les contrôles un peu plus rigoureux », a affirmé Michel Delpuech. Un dispositif anti-drones sera également déployé. Ces engins de l’armée de l’air « permettent de détecter et de neutraliser tout drone hostile en perturbant notamment les commandes de l’appareil ou son GPS », précise le préfet.

Circulation bloquée, stations de métro fermées

Sur les Champs-Elysées, la circulation sera bloquée dès 6h30 du matin. Chaque rue donnant accès au secteur des festivités sera barrée de plots en béton ou de véhicules afin d’empêcher toute voiture-bélier de reproduire unscénario similaire au 14 juillet dernier sur la promenade des Anglais, à Nice. Les stations de métro aux alentours seront bouclées. Pour ceux qui souhaitent assister au défilé, il faudra donc venir très en avance et s’armer d’une bonne paire de baskets. Y compris pour les personnes titulaires d’une invitation en tribune.

Le dispositif pour la soirée du 14 juillet est peu ou prou du même ordre. 275 agents de sécurité viendront prêter main-forte aux policiers et gendarmes. Dans ce secteur, les stations de métro et RER mais également les parkings publics sont fermés. Les voitures toujours garées seront évacuées avant la soirée. La circulation fluviale sera interrompue et une couverture aérienne permettra de suivre d’éventuels mouvements de foule.

La présence de Donald Trump, « un enjeu fort »

Quant à la venue de Donald Trump, après celle de la chancelière allemande Angela Merkel pour le conseil des ministres franco-allemand de ce jeudi, le préfet de police a tenté de ne pas en faire un défi sécuritaire hors normes. « Nous avons l’habitude de protéger des chefs d’État et des grandes personnalités », a affirmé Michel Delpuech, refusant de détailler les mesures spécifiques liées à la venue du président américain. Tout juste reconnaît-il que sa présence représente « un enjeu fort » et qu’il y aura « 200 à 300 effectifs supplémentaires sur les Champs-Elysées » par rapport à l’an dernier.