14-Juillet: Conduire Emmanuel Macron sur les Champs-Elysées, «un honneur et un peu de stress aussi»

INTERVIEW Christophe, 42 ans, dont près de la moitié de sa vie passée au sein de la gendarmerie, conduira le président de la République lors du défilé militaire du 14-Juillet. Une première pour lui…

Caroline Politi

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Macron investiture
Macron investiture — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
  • C’est toujours un gendarme issu du groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM) de Versailles-Satory qui conduit le véhicule militaire du président
  • Le président défilera à environ 10 km/h

Au quotidien, il conduit des véhicules blindés lors des missions de maintien de l'ordre en France ou à l’étranger. Mais vendredi 14 juillet, Christophe, 42 ans, dont près de la moitié de sa vie passée au sein de la gendarmerie, descendra les Champs-Elysées au volant d’un véhicule léger de reconnaissance et d’appui. A son bord, le président de la République, Emmanuel Macron, accompagné du chef d’état-major des armées. Une première pour ce gendarme aguerri.

Comment devient-on le chauffeur du Président pour le 14-Juillet ?

Il faut d’abord attendre que la place se libère ! Lorsque mon prédécesseur a pris sa retraite après avoir conduit pendant 27 ans des chefs d’État lors de cérémonies officielles – le 14 juillet, mais aussi le 8 mai ou le 11 novembre – un appel à candidature a été lancé au sein de mon unité. Depuis le général de Gaulle, c’est toujours un gendarme issu du groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM) de Versailles-Satory qui conduit le véhicule dans lequel le chef de l’État défile. Il avait choisi son chauffeur et son escorte dans cette unité et depuis c’est devenu une tradition. J’ai donc postulé et ma candidature a été retenue.

On roule en moyenne à 10 km/heures. Le rythme est donné par les chevaux de la Garde républicaine»

Quelles qualités faut-il avoir, selon vous ?

Il faut d’abord être impérativement titulaire d’un permis poids lourd pour conduire un véhicule léger de reconnaissance et d’appui. Ce sont principalement les qualités de conduite qui priment. L’an dernier, pour le défilé du 14-Juillet, je conduisais le véhicule du gouverneur militaire de Paris, qui défile juste derrière la voiture du président. J’ai également été choisi pour conduire Emmanuel Macron pour la cérémonie d’investiture. Mais le défilé militaire, c’est encore autre chose. C’est un honneur, et un peu de stress aussi.

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Vous ne risquez pas l’excès de vitesse…

C’est sûr ! Même s’il pleut ce jour-là, on a peu de risques de faire de l’aquaplaning. On roule en moyenne à 10 km/heure. Le rythme est donné par les chevaux de la Garde républicaine. La principale difficulté de cet exercice réside dans le fait d’avoir une conduite souple et fluide afin de ne pas donner d’à-coups.

Vous craignez de caler ?

Non, à ce niveau-là, je suis plutôt serein !

Avec le Président, nous nous saluons mais le protocole est millimétré, le temps d’échange est très court»

Y a-t-il une préparation spécifique ?

Environ 15 jours avant le défilé, on prépare le véhicule, on fait toutes les vérifications d’usage. Il y a ensuite deux répétitions. La première a eu lieu à Vincennes, uniquement avec la Garde républicaine, pour habituer les chevaux aux voitures afin qu’ils n’aient pas peur du bruit le jour J. On a ensuite fait une répétition générale sur les Champs-Elysées pour effectuer les dernières mises au point.

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Vous aviez déjà conduit le véhicule du président le jour de l’investiture. Y a-t-il un temps d’échange avec votre passager ?

Nous nous saluons mais le protocole est millimétré, le temps d’échange est très court. Le Président a une mission à remplir et moi la mienne.

Dans ce contexte sécuritaire, votre mission est uniquement de conduire le président de la République ou avez-vous également un rôle de protection ?

La conduite représente l’essentiel de ma mission. Il y a bien évidemment une petite part de protection que je ne développerai pas.