Val-d’Oise: Un circonciseur juif soupçonné d’agressions sexuelles mis en examen

FAITS DIVERS De jeunes mères de famille l’accusent d’agressions sexuelles et de viols…

F.H. avec AFP

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Une circoncision pratiquée par un mohel au 8e jour d'un jeune garçon juif. (Illustration)
Une circoncision pratiquée par un mohel au 8e jour d'un jeune garçon juif. (Illustration) — Rafael Ben-Ari/Cham/NEWSCOM/SIPA

Un chirurgien-dentiste de profession mais également « mohel » – circonciseur juif – a été arrêté à son domicile de Sarcelles, dans le Val-d’Oise, mercredi soir. L’homme est accusé par de jeunes mères d’agressions sexuelles et de viols.

« Le mis en cause reconnaît partiellement les faits »

Mis en examen pour ces chefs d’accusation, il a été placé sous contrôle judiciaire, a indiqué la source proche de l’enquête. « Le mis en cause reconnaît partiellement les faits qui lui sont reprochés », a précisé une source proche de l’enquête à l’AFP. Il a été confronté à plusieurs plaignantes au cours de sa garde à vue, a indiqué une autre source proche du dossier.

Interrogé par l’AFP, Me Elie Korchia, avocat de l’ensemble des plaignantes, a annoncé que « des témoignages et plaintes additionnels sont venus s’ajouter au dossier » ces derniers jours.

D’après une source proche du dossier, des plaintes avaient été déposées par six femmes aujourd’hui âgées d’une trentaine d’années contre ce mohel du Val-d’Oise. Il se déplaçait à Paris et en Ile-de-France pour pratiquer la « brit milah », la circoncision rituelle des garçons juifs au huitième jour suivant leur naissance.

Pas de lien hiérarchique entre un mohel et les autorités religieuses

« C’était toujours le même modus operandi, soit avant la brit milah, lors de la visite de préparation, soit après, lors de la visite de suite » au domicile des jeunes mères, a déclaré cette source, évoquant des « pratiques pseudomédicales de “vérification” du corps » des femmes.

Les mohalim (pluriel de mohel en hébreu) sont une centaine en France et opèrent en grande majorité en région parisienne. Indépendants, non tenus de suivre une formation diplômante, ils n’ont pas de liens hiérarchiques avec les autorités religieuses. Les jeunes couples obtiennent souvent leur nom par le bouche-à-oreille ou en consultant leur rabbin.

Le grand rabbinat de France a lancé en 2012 un groupe de travail pour encadrer et sécuriser leurs pratiques. Une Association française des mohalim a été créée en 2014. Le mohel visé par les plaintes n’en est pas membre.