Législatives: La France Insoumise saisit le Conseil constitutionnel pour faire annuler l'élection de Valls

POLITIQUE Manuel Valls a été réélu député de la 1re circonscription de l’Essonne, le 18 juin, en devançant la candidate France insoumise, Farida Amrani, de 139 voix…

F.H. avec AFP

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Farida Amrani, candidate France Insoumise, battue par Manuel Valls aux législatives dans la 1re circonscription de l'Essonne. (Illustration)
Farida Amrani, candidate France Insoumise, battue par Manuel Valls aux législatives dans la 1re circonscription de l'Essonne. (Illustration) — AFP
  • Des émargements qui intriguent les soutiens de la candidate de la France Insoumise
  • Si le Conseil constitutionnel juge le recours recevable, son instruction pourrait durer plusieurs mois
  • Mardi, Manuel Valls a entamé son quatrième mandat à l’Assemblée nationale

Après avoir épluché les procès-verbaux et les cahiers d’émargement déposés en préfecture de l’Essonne, Farida Amrani, candidate de la France insoumise aux législatives dans la 1re circonscription de l’Essonne, a déposé mercredi un recours devant le Conseil constitutionnel pour faire annuler l’élection de Manuel Valls, a constaté un journaliste de l’AFP. L’ancien Premier ministre avait annoncé sa victoire par 139 voix d’écart, un résultat immédiatement contesté par Farida Amrani le soir du second tour.

Des « constats préoccupants » dans des bureaux d’Evry

Le dossier constitué compile « plusieurs irrégularités », qui ont « déjà motivé des annulations d’élections par le Conseil constitutionnel », ont annoncé à la presse la candidate et son suppléant, Ulysse Rabaté, au sortir de l’institution.

Leur avocat, Hervé Tourniquet, a évoqué des « constats préoccupants », notamment dans « quatre ou cinq bureaux de la commune d’Evry », ville dont Manuel Valls a été maire entre 2002 et 2012. Selon lui, « une centaine de signatures » sur les cahiers d’émargements « apparaissent très sensiblement différentes entre le premier et le second tour ».

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Les candidats et leur conseil ont également dénoncé, photos à l’appui, d’autres « signatures du second tour où il apparaît très clairement […] une première signature au crayon noir [de bois], au décalque, recouvert d’une signature à l’encre ».

« Ça ressemble à quelqu’un qui s’entraîne au crayon à papier pour imiter la signature d’un électeur absent et qui oublie de gommer », a expliqué à l’AFP un membre de leur entourage.

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Hervé Tourniquet a aussi relevé « 23 nouvelles inscriptions entre les deux tours dans un seul et unique bureau de vote » dans une commune de la circonscription qu’il n’a pas identifiée devant la presse. L’avocat a refusé de donner d’autres exemples en évoquant le « secret professionnel » et le « respect de l’institution qui va juger ce dossier ». Le recours contient « d’autres motifs d’irrégularités », ont toutefois assuré Farida Amrani et son suppléant.

Si le Conseil constitutionnel juge le recours recevable, son instruction pourrait durer plusieurs mois : il n’est tenu par aucun délai dans ce genre de recours. La procédure, non suspensive, n’empêche pas Manuel Valls de siéger à l’Assemblée nationale, où il a entamé mardi son quatrième mandat de député.