Colis suspects: Les chiens renifleurs d'explosifs du métro plébiscités

TRANSPORTS La RATP a annoncé la prolongation de l’expérimentation des chiens spécialisés dans la détection d’explosifs. Un dispositif qui vise à accélérer la « levée de doute »… 

C.Po.

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Un agent de sécurité avec un chien dans le métro parisien.
Un agent de sécurité avec un chien dans le métro parisien. — MEIGNEUX/SIPA

« En raison d’un colis suspect, le trafic est interrompu. Veuillez-nous excuser pour la gêne occasionnée. » Cette petite phrase, les usagers de la RATP la connaissent bien. Depuis les attentats de Charlie Hebdo, les signalements sont passés de un tous les trois jours à sept par jour en moyenne sur le réseau. Certaines lignes, à l’instar du tronçon central du RER A, reliant les plus grosses gares du secteur, sont particulièrement impactées. En 2016, 30 % des colis suspects ont été découverts sur cette zone.

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Pour tenter de limiter les effets de cette augmentation sur le trafic, la RATP teste depuis décembre 2016 des équipes cynotechniques, des chiens spécialisés dans la détection d’explosifs, même en très faible quantité. Deux équipes, basées à Châtelet-les-Halles, se relaient et peuvent intervenir en moins de quinze minutes dans 32 stations de métro et neuf gares RER. Une expérimentation « concluante », selon la RATP, qui vient d’être prolongée et amplifiée. Pour la deuxième phase, jusqu’en novembre, un équipage supplémentaire permettra d’élargir le périmètre d’intervention. Par ailleurs, une équipe mobile sera en capacité de rayonner sur les stations avoisinantes.

Levées de doute et gain de temps

Depuis décembre 2016, 99 levées de doute ont été réalisées. Lorsqu’un chien s’assied ou se couche devant le paquet - « qu’il marque le colis », dans le jargon – c’est qu’il a senti des traces d’explosif. L’équipe de déminage est alors immédiatement appelée. Le taux d’interruption du trafic avec l’intervention des chiens a été divisé par près de trois, précise la RATP. Et lorsque le trafic est interrompu, la durée moyenne a diminué de 30 %, à 31 minutes. En 2016, les colis suspects ont entraîné 472 heures d’interruption sur le réseau.