Paris: La famille de Sarah Halimi, tuée par son voisin, dénonce l'inertie de la police le soir du drame

FAITS DIVERS Une plainte pour «non-assistance à personne en danger» a été adressée ce mardi au procureur de Paris.

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un véhicule de police.
Illustration d'un véhicule de police. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Sarah Halimi aurait-elle pu être sauvée ? Des proches de cette femme juive tuée par son voisin musulman en avril dernier dénoncent « l’inertie » de la police la nuit du drame. Une plainte pour « non-assistance à personne en danger » a été adressée mardi au procureur de Paris par la belle-sœur de cette retraitée juive orthodoxe, tuée le 4 avril dans un HLM de Belleville, à Paris, a indiqué son avocat, Pierre-William Goldnadel.

« J’ai tué le sheitan »

Vers 4h30 cette nuit-là, Kobili T., 27 ans, habitant de longue date avec sa famille au deuxième étage, s’était introduit chez sa voisine du dessus. Aux cris d'« Allah Akbar », entrecoupés d’insultes et de versets du Coran, il l’avait rouée de coups sur le balcon devant de nombreux témoins de la résidence, avant de la précipiter dans la cour. Lucie Attal, aussi appelée Sarah Halimi - nom de son ancien époux -, est morte dans la chute. « J’ai tué le sheitan » (le démon, en arabe), avait hurlé le jeune homme.

« Ils ont été mauvais »

Sur place dès le début, les policiers n’avaient pas réussi dans la nuit à localiser l’appartement d’où provenaient les cris, selon des rapports d’enquête. Ils croyaient le suspect en train de séquestrer une famille dans l’immeuble voisin et attendaient des renforts, craignant d’avoir à faire à un islamiste armé, alors qu’il était entre-temps passé chez la victime par les balcons.

« Le combat de la famille n’est pas de faire condamner la police : ils auraient pu, ils auraient aimé la sauver, mais ils ont été mauvais », estime William Attal, le frère de la victime. « Mais notre combat, c’est que la justice reconnaisse qu’il s’agisse d’un assassinat islamiste et antisémite » alors que l’information judiciaire confiée à des juges a été ouverte pour « homicide volontaire », sans retenir la préméditation ni le caractère antisémite.

Responsable pénalement ?

« Ma sœur craignait terriblement cet homme, il l’avait traitée de "sale juive" », affirme ce frère qui a témoigné lundi auprès de la police. « Mais elle avait peur que porter plainte soit dangereux pour elle (…) et elle avait déposé une demande (pour déménager, ndlr) à l’office HLM de Créteil ».

Hospitalisé d’office dans la foulée du drame, Kobili T. n’a toujours pas pu être entendu dans cette affaire qui a causé une profonde émotion dans la communauté juive. Une expertise doit déterminer notamment s’il est pénalement responsable.