Agression présumée de NKM: «Et là, pouf, elle tombe», Vincent Debraize donne sa version

SOCIETE Vincent Debraize a affirmé ce jeudi devant la presse qu’il allait porter plainte « pour coups et blessures » contre « tous les protagonistes et agresseurs verbaux » de cette affaire…  

Romain Lescurieux

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Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate LR aux législatives à Paris, a perdu connaissance plusieurs minutes, le 15 juin 2017, après une altercation avec un passant.
Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate LR aux législatives à Paris, a perdu connaissance plusieurs minutes, le 15 juin 2017, après une altercation avec un passant. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
  • L’agresseur présumé de Nathalie Kosciusko-Morizet a nié ce jeudi avoir « frappé ou même eu la volonté de frapper » la candidate Les Républicains.
  • Il compte porter plainte « pour coups et blessures ».

« A aucun moment, je n’ai porté un coup à Nathalie Kosciusko-Morizet, ni même eu l’intention de le faire », a affirmé ce jeudi devant des journalistes, Vincent Debraize, 55 ans, maire de Champignolles (Eure).L’agresseur présumé de NKM a tenu ce jeudi une conférence de presse au cabinet de son avocat, Me Antoine Lachenaud, pour « présenter, enfin, la version exacte des faits », a-t-il dit en introduction, alors qu’il doit être jugé le 11 juillet prochain pour outrage et violence. Leur « altercation » avait provoqué la chute et le malaise de la candidate LR qui avait été hospitalisée.

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« Dégage, connard »

Il y a une semaine, jeudi 15 juin, Vincent Debraize raconte être sorti de chez lui (5e arrondissement) pour se rendre dans le 6e arrondissement et décide d’y aller à pied. Après un passage dans un café de la place Maubert, où une femme propose le programme de Nathalie Kosciusko-Morizet, l’homme lui rétorque que cette dernière « va prendre une taule » et il sort quinze minutes plus tard du troquet. Il pénètre sur le marché. Là, « beaucoup de personnes tractent pour NKM ». Cette dernière est également présente à l’occasion de l’entre-deux-tours des élections législatives.

« Je l’aborde, la salue et lui demande : “Pourquoi êtes-vous venue dans cet arrondissement ?” (…) Un homme à ses côtés devient assez agressif et je l’entends dire “celui-là, je vais lui péter la gueule” en s’approchant de moi. En voyant ça, je préfère continuer mon chemin », assure Vincent Debraize. Selon lui, NKM a tout de même voulu échanger avec lui. « Elle revient vers moi pour m’expliquer qu’elle est la cheffe de file de l’opposition face à Hidalgo. »

« Eric Zemour a raison, vous êtes vraiment une bobo de droite », lui rétorque Debraize, alors que des témoins présents sur place attestent que la phrase était bien « bobo de merde ». La suite, selon Debraize : « Elle s’approche de moi avec ses tracts, camoufle son visage, se penche et me dit en baissant la voix : “Dégage, connard !” » Et ce à deux reprises et « avec satisfaction », selon les dires de l’agresseur présumé. Soudain, « elle recule, je jette les tracts au sol, elle me regarde, et là pouf, elle tombe », poursuit-il. « Là, il y a un buzz qui va s’emballer », pense alors Vincent Debraize, « interloqué ».

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« Salut nazi »

Vincent Debraize explique alors « avoir pris peur » en voyant les partisans de NKM se rapprocher de lui en hurlant : « Il l’a frappée, il l’a frappée ! ». Dans le même temps, il accuse l’un d’entre eux d’avoir effectué « un salut nazi au-dessus de [sa] tête ». L’un des militants LR a ensuite suivi Vincent Debraize dans le métro, disant au téléphone « venez vite on va l’avoir, il est là », selon lui. Ce dernier s’est montré « très, très agressif. Les coups pleuvent, il me frappe, j’ai la chemise déchirée, les lunettes cassées (…), je suis sous le choc », a-t-il assuré, dans un récit très détaillé de plus de trente minutes, à l’issue duquel il a annoncé vouloir porter plainte pour « coups et blessures » contre « tous les protagonistes et agresseurs verbaux ».

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Les avocats de Vincent Debraize ont également contesté la garde à vue de leur client qui avait été prolongée de 24 heures. Il y « avait clairement comme instruction que Vincent Debraize ne puisse pas interférer avec le processus électoral puisqu’on était en fin de campagne, deux jours avant le scrutin », a déclaré l’un d’eux, Me Basile Adler.

Le procès de Vincent Debraize a été renvoyé au 11 juillet. Le suspect, qui a demandé un délai pour préparer sa défense, a été placé sous contrôle judiciaire. Il lui est interdit d’entrer en contact avec NKM et de paraître à proximité de son domicile.