Paris: Des élus EELV et Anne Hidalgo interpellent le gouvernement sur l'accueil des réfugiés

SOCIETE A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, les élus EELV demandent l'ouverture de nouveaux lieux d'accueil à Paris et en France. Dans ce sens, Anne Hidalgo a adressé une lettre aux ministres de l'Intérieur et de la Justice…

Romain Lescuieux
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Ce mardi matin devant le centre humanitaire de la Chapelle
Ce mardi matin devant le centre humanitaire de la Chapelle — R.LESCURIEUX
  • La journée mondiale des réfugiés se déroule ce mardi
  • Les élus EELV se sont rendus devant le centre humanitaire de la Chapelle
  • Anne Hidalgo tire la sonnette d’alarme avant l’été, dans une lettre à Gérard Collomb et François Bayrou

« It’s closed this morning », lance peu après 8 heures ce mardi matin, un CRS aux abords du centre humanitaire de la Chapelle (18e arrondissement). Devant les barrières de sécurité, plusieurs dizaines de réfugiés espéraient pourtant rentrer. A l’image de Abdla Ahmad Adam, un Soudanais de 24 ans. « Comme tous les matins depuis un mois, je tente de rentrer ici, mais c’est impossible », explique celui qui est passé par l’Italie avant d’arriver dans ce quartier parisien, où il dort comme des centaines d’autres, dehors, dans des camps de fortune. Quelques minutes après leur rejet, nombreux sont ceux à entamer une manifestation. Sur leurs pancartes, ces mots : « There is no humans rights in France ».

« Depuis un certain temps, il n’y a plus de sorties, donc plus d’entrées. Ce centre est saturé en permanence », déplore Pascal Julien, conseiller de Paris (EELV) et élu du 18e arrondissement. A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, des élus du groupe écolo de Paris, en compagnie d’Eva Joly, députée européenne écologiste, sont en effet venus devant le centre pour alerter de la situation. Et demander l’ouverture de nouveaux lieux d’accueil et aussi en France.



« D’autres communes doivent désormais accepter de suivre l’exemple »

« Nous avons soutenu et nous continuons de soutenir ce centre. Mais la situation est compliquée et risque de s’aggraver cet été », explique David Belliard, co-président du groupe, qui soutient l’action d’Anne Hidalgo. « Depuis deux ans maintenant, la ville de Paris a beaucoup fait pour aider l’État à remplir ses missions d’hébergement, notamment en mettant son domaine intercalaire à disposition pour la création du centre d’hébergement d’urgence. D’autres communes doivent désormais accepter de suivre l’exemple de Grande-Synthe et de Paris en accueillant sur leur territoire un centre de premier accueil sur le modèle de Paris », notent les élus.



Ils appellent notamment les maires des communes membre de la métropole du Grand Paris à être « solidaires ». « Patrick Ollier doit s’emparer du sujet », ajoutent-il avant de conclure : « De son côté l’État doit garantir la fluidité des dispositifs en assurant les orientations vers des structures adaptées [CAO, CADA]. Or depuis le changement de gouvernement, tous les projets de création de places sont à l’arrêt et plus aucune nouvelle place n’a été créée ». Anne Hidalgo, a d’ores et déjà adressé dans ce sens, une lettre aux principaux concernés.

Anne Hidalgo a envoyé une lettre

Plusieurs milliers « de migrants risquent de camper dans les rues de Paris cet été si davantage de places ne sont pas créées pour les héberger », a averti Anne Hidalgo dans une missive adressée notamment aux ministres de l’Intérieur et de la Justice, où elle lance des pistes de réflexion commune. Le nombre d’arrivées à Paris est « en augmentation nette depuis le début du printemps » et « plus particulièrement depuis deux semaines », affirme la maire de Paris dans ce courrier envoyé vendredi. En moyenne, entre 80 et 90 réfugiés arrivent chaque jour dans la capitale », rappelle Esther Benbassa, sénatrice écologiste du Val-de-Marne.

Le rythme des départs des migrants, depuis que le dispositif humanitaire a ouvert porte de La Chapelle vers des centres d’hébergement plus pérennes (et relevant de l’Etat), n’est « pas suffisant », affirme Anne Hidalgo. Un campement « d’un millier de migrants » s’est reconstitué dans le nord de Paris, avec des « tensions à l’entrée » et des rixes qui « se multiplient ».



Elle plaide donc pour la création de nouvelles places d’hébergement « sur toute la France » avec l’ouverture « d’autres centres de premier accueil sur le modèle de celui de La Chapelle ». En ce qui concerne les jeunes migrants qui se disent mineurs, dont le nombre « a doublé en un an », elle appelle à « nationaliser la procédure d’évaluation » de l’âge et de l’isolement familial.

Au-delà, l’édile insiste sur « l’engagement » de sa ville à « s’impliquer résolument dans les initiatives nationales », en lançant des pistes pouvant servir de canevas à une réflexion commune.

Elle évoque ainsi la répartition dans toute la France des demandeurs d’asile, inscrite dans la loi « l’intégration des réfugiés statutaires, notamment via les cours de français et la formation professionnelle, et enfin » une politique européenne ambitieuse en matière d’asile, que ce soit pour les critères d’examen ou la répartition des demandeurs.