Montreuil: Le responsable des Restos du cœur condamné à six mois ferme pour une fausse agression islamiste

SOCIETE Richard Sautour, gérant bénévole des Restos du cœur de Montreuil, affirme avoir été agressé par un couple armé d’une hache et d’un couteau. Or, le seul ADN retrouvé sur la hache est celui de son épouse…

20 Minutes avec AFP

— 

Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné le responsable des Restos du cœur de Bobigny à six mois ferme (Illustration).
Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné le responsable des Restos du cœur de Bobigny à six mois ferme (Illustration). — Olivier Aballain / 20 Minutes

Condamné pour avoir inventé une agression islamiste. Six mois de prison ferme, c’est le verdict du tribunal correctionnel de Bobigny prononcé, jeudi, à l’encontre de Richard Sautour, gérant bénévole des Restos du cœur de Montreuil (Seine-Saint-Denis).

>> Affabulation ou agression terroriste, le procès de l’insondable gérant des Restos du coeur

Peine maximale pour « dénonciation de crime ou délit imaginaire »

Conformément aux réquisitions du procureur, cet homme de 59 ans a écopé de la peine maximale prévue par le Code pénal pour « dénonciation de crime ou délit imaginaire ». Il a aussi été condamné à verser un euro symbolique aux Restos du cœur, comme le réclamait l’association qui s’était constituée partie civile.

A l’audience en mai, le gérant avait maintenu la version livrée aux enquêteurs lors des faits. Retrouvé un couteau planté dans l’abdomen dans les locaux de l’association le 1er juillet, il affirme avoir été agressé par un couple, armé d’une hache et d’un couteau. L’homme serait de « type africain », la femme « voilée ». D’après son récit, elle lui plante un couteau dans le ventre avant de s’enfuir en criant « Allahou Akbar ». Il évoque aussi une lettre de menaces reçue quelques mois avant.

Pourtant, l’enquête avançant, les éléments à charge s’accumulent contre lui. Le graphologue le désigne comme l’auteur de la lettre de menaces. Aucun indice ni témoignages ne permettent d’identifier les agresseurs, alors qu’un important dispositif policier a été déployé dans un contexte d’attentats. Sur la hache, le seul ADN retrouvé est celui de son épouse.

Reste que pour son avocat, Jean-Louis Granata, « ce n’est pas parce que l’enquête n’a pas permis d’identifier les auteurs que l’agression n’a pas existé ». « Il se serait mutilé pour attirer l’attention sur lui ? Ce n’est pas crédible », avait-il plaidé à l’audience. « Nous allons faire appel », a-t-il déclaré jeudi à l’AFP. « Nous estimons que mon client n’est pas coupable, qu’il a subi une agression ».