Mode: Costauds de la Villette, Loups de la Butte… Il fait revivre les célèbres gangs de Paris

TENDANCE Plus de cent ans après l’activité de ces gangs, leurs noms se retrouvent désormais sur des vêtements. Toujours avec cette volonté de revendiquer son appartenance à un quartier de Paname…

Romain Lescurieux

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La marque parisienne «Gang de Paris» a été lancée début 2016
La marque parisienne «Gang de Paris» a été lancée début 2016 — Frédéric Leschallier de Lisle du Studio Photogramme
  • Les vêtements – t-shirt, sweat, bonnet… – sont fabriqués au Portugal mais sérigraphiés à Paris
  • Des produits qui plaisent aux touristes et aux Parisiens

C’était le temps des abattoirs, des lupanars blindés de marmites et des roussins en planque. Au début des années 1900, à la « Belle Epoque », des bandes de jeunes naissent sur le pavé, sèment la terreur dans les faubourgs et font trembler le centre de Paname. Leur nom : Les Apaches. Soit des dizaines de milliers d’adolescents divisés en plusieurs « tribus ».

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« Bandes de quartiers, voire de rues, la plupart du temps, ils se donnent des noms locaux – « la bande des Quatre Chemins d’Aubervilliers », « les Gars de Charonne », « les Monte-en-l’air des Batignolles », « les Loups de la Butte » –,note l’historienne Michelle Perrot dans l’article « Le Paris de la Belle Époque. Les Apaches : premières bandes de jeunes », dans la revue, La lettre de l’enfance et de l’adolescence. Plus de cent ans plus tard, un Parisien de 29 ans a décidé de rendre hommage à ce Paris d’antan, en lançant une ligne de vêtements sous le nom « Gang de Paris ».

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« Chaque gang avait sa spécialité »

« Je suis passionné par l’histoire de Paris et de cette époque », explique Jérémy Tessier, banlieusard puis Parisien depuis sept ans. « Fin 2015, j’ai donc décidé de lancer cette marque en déclinant chaque vêtement avec le nom d’un gang », ajoute-t-il. Soit « Les Gars de Charonne », « les Monte-en-l’air des Batignolles », « les Loups de la Butte », « Les Costauds de la Villette », « Les Marlous de Belleville » ou encore « Les Mohicans de Monpar ». « Chaque gang avait sa spécialité », précise-t-il. Les Monte-en-l’air cambriolaient en passant par les toits. Les Costauds de la Villette étaient, eux, souvent des bouchers, d’où ce surnom sur leur carrure.

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Dès la première année, Jérémy Tessier, ancien étudiant en école de commerce, a vendu 400 sweats et près de 1.000 tee-shirts. Un succès certain qui s’inscrit dans la dynamique parisienne du « consommer local » et de la volonté de revendiquer son appartenance à tel ou tel un quartier de la capitale.

Vers une production 100 % parisienne ?

« Connecter des produits simples avec un quartier donne à ces petites marques une histoire à raconter, du caractère et une certaine légitimité », détaillait récemment à 20 Minutes, Thomas Zylberman, styliste dans le secteur du prêt-à-porter chez Carlin, bureau de tendance. Selon lui, « ces produits plaisent donc aux touristes et aux Parisiens qui veulent de plus en plus consommer local ».

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Si actuellement Jérémy Tessier fait produire ses vêtements au Portugal, la sérigraphie est effectuée, elle, dans un atelier de la capitale. Mais si sa petite entreprise « grossit », il compte à terme rapatrier toute sa production dans le ventre de Paris.