Île-de-France: La SNCF s’inquiète des nombreux accidents à proximité des voies ferrées

TRANSPORTS La sécurisation coûte 25 millions d’euros par an…

Nicolas Raffin

— 

Illustration d'un passage à niveau.
Illustration d'un passage à niveau. — G . VARELA / 20 MINUTES
  • Les intrusions sur les terrains de la SNCF sont à risques
  • Les dangers liés au train sont souvent mal connus
  • La réalité virtuelle devrait aider à faire passer un message de prévention

La SNCF a décidé ce jeudi de lancer l’alerte sur les comportements à risques aux abords des trains et des voies ferrées franciliennes. « La pression urbaine fait que de nombreuses personnes sont à proximité d’infrastructures ferroviaires » remarque Didier Bense, directeur général de SNCF Réseau Île-de-France.

De fait, sur les 30 à 40 accidents graves (hors suicides) enregistrés chaque année dans la région, les deux tiers concernent des piétons. « C’est une spécificité de l’Île-de-France : dans les autres régions, ce sont les automobilistes qui sont le plus impliqués, note Didier Bense. Ici, les accidents concernent en majorité des gens qui sont dans une situation d’intrusion », autrement dit qui ne se trouvent ni sur un passage à niveau, ni dans le quai d’une gare.

Pratiques dangereuses

Ces personnes « s’exposent à un risque qu’elles ne maîtrisent pas », poursuit le responsable. Pour preuve, SNCF Réseau rappelle ce chiffre : un train lancé à 100 km/h met… un kilomètre pour s’arrêter en cas d’urgence.

Autre phénomène à risque : le fait de grimper sur des wagons en marche ou stationnés sur une voie de garage. Si une caténaire se trouve au-dessus, « il suffit d’être à moins de trois mètres de celle-ci pour être électrocuté et subir de graves brûlures » rappelle Didier Bense. Ce phénomène, appelé « arc électrique », est souvent mortel.

>> Lire aussi : Un adolescent meurt en jouant sur un wagon de fret

La réalité virtuelle arrive en gare

Pour limiter les intrusions, SNCF Réseau déploie de nombreuses solutions : tapis spécial pour empêcher les traversées sauvages, détecteurs d’obstacles aux abords des voies ferrées, voire utilisation de détecteurs de mouvements.

Mais l’entreprise mise aussi sur la prévention. En plus de sensibiliser près de 80 000 élèves chaque année, un nouvel outil devrait bientôt être déployé. Il s’agit de plusieurs « scénarios » en réalité virtuelle, reproduisant plusieurs situations à risque. La SNCF entend l’utiliser lors de ses formations via des casques adaptés, mais n’importe quel possesseur d’un smartphone compatible avec la réalité virtuelle pourra également le télécharger.