La brocante Emmaüs de la réinsertion

C. Bianchi

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Sans emploi pendant des mois, voire des années, ils perçoivent désormais un salaire pour se réinsérer. Avec l’ouverture de son premier bric-à-brac parisien (dans le 14e) il y a deux semaines, la jeune association Emmaüs Défi expérimente un projet de retour à l’emploi pour une vingtaine de salariés.

«Les problématiques d’exclusion évoluent. Nous nous sommes rendu compte qu’un nombre conséquent de personnes en situation de précarité et hébergées retournaient à la rue si elles n’avaient pas d’activité. Emmaüs se devait d’apporter de nouvelles réponses», explique Charles-Edouard Vincent, responsable d’Emmaüs Défi. Dans la semaine, les employés, payés au smic, collectent les dons, livrent les commandes, nettoient les objets en Seine-Saint-Denis... Et le samedi, au 80, boulevard Jourdan, ils s’affairent à vendre les stocks.

Derrière son présentoir de bibelots, Habiba, 43 ans, a réponse à toutes les interrogations des clients. «J’adore ça!», s’exclame-t-elle. «J’ai appris la valeur des objets et à gérer le standard», précise cette femme qui a retrouvé un logement en novembre. A ses côtés, Hubert, salarié chez Microsoft et bénévole pour Emmaüs, lui donne un coup de main. «Quand on voit leurs parcours, on ne peut qu’être humble», reconnaît-il. Le succès du bric-à-brac – plus de 3 000 visiteurs en une journée – incite Emmaüs Défi à embaucher six autres personnes. Tout en restant prudent. « Pour que cela marche, nous avons besoin d’un local pérenne et de nombreux bénévoles », insiste Charles- Edouard Vincent.

dons Emmaüs Défi invite aujourd’hui les Parisiens à faire un don d’objet au 80, bd Jourdan ou à la mairie du 14e en mémoire de l’abbé Pierre et organise entre 16 h et 20 h un pot de l’amitié au bric-à-brac.