Paris: Les experts décideront de l’irresponsabilité pénale du meurtrier présumé d’une femme juive

SOCIETE Si l’abolition du discernement du meurtrier présumé d’une femme juive défenestrée est reconnue, l’homme échapperait à une procédure pénale…

20 Minutes avec AFP

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L'abolition du discernement d'un meurtrier présumé pourrait être reconnue et lui éviter d'être jugé (Illustration). CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
L'abolition du discernement d'un meurtrier présumé pourrait être reconnue et lui éviter d'être jugé (Illustration). CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES
  • Si le discernement du suspect était aboli au moment des faits, son irresponsabilité pénale serait alors reconnue
  • Une information judiciaire avait été ouverte le 14 avril par le parquet de Paris pour « homicide volontaire »
  • Le suspect, interné après les faits, n’a pas encore pu être interrogé

Le 4 avril, Sarah Halimi, une juive orthodoxe de 65 ans, a été retrouvée morte au pied de son immeuble dans le quartier de Belleville à Paris. Un homme, son voisin, est soupçonné d’avoir provoqué cette chute mortelle. Celui-ci pourrait voir l’abolition de son discernement reconnue au moment des faits et donc ne pas être jugé, a estimé mercredi son avocat, selon l’AFP.

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Le voisin interné connu des services de police

« Il y a une très forte présomption d’abolition de son discernement, donc d’irresponsabilité pénale », a déclaré à l’AFP Maître Thomas Bidnic, en s’appuyant sur l’avis des médecins qui ont examiné cet homme de 27 ans, interné le lendemain de ce meurtre et toujours hospitalisé d’office. Il reviendra aux experts judiciaires d’établir si le discernement du suspect était aboli au moment des faits pour que son irresponsabilité pénale soit alors reconnue.

Les témoignages des voisins, dont l’AFP a eu connaissance, font état d’une scène d’une grande violence : aux alentours de 4 h 45, le suspect, habitant avec sa famille dans la même résidence, aurait porté de multiples coups au visage de la victime en l’insultant, la qualifiant de « sheitan » (démon en arabe) et en criant à plusieurs reprises « Allahu akbar », avant de la jeter par-dessus le balcon.

Une information judiciaire avait été ouverte le 14 avril parle parquet de Paris pour « homicide volontaire », sans retenir le caractère antisémite. Cette hypothèse n’est pas écartée mais « à ce stade, il n’est pas établi avec certitude que le suspect avait connaissance de la religion de sa victime », a indiqué récemment à l’AFP une source judiciaire.

Vive émotion dans la communauté juive

Interpellé au moment des faits, ce voisin avait été interné le lendemain en hôpital psychiatrique. Il n’a pu à ce jour être interrogé et n’est pas mis en examen. Connu pour de nombreux faits de vols et de violence, il est décrit par ses proches comme un musulman peu fervent et n’était pas connu pour radicalisation. « Il a le profil d’un islamiste en voie de radicalisation, la psychiatrie c’est secondaire », avait estimé pour sa part Gilles-William Goldnadel, avocat de la sœur de Sarah Halimi.

Des avocats des proches de la victime ont dénoncé le silence médiatique sur cette affaire et réclament que l’enquête retienne la dimension antisémite de ce meurtre. Plusieurs institutions juives, dont le Crif et le Consistoire central, ont annoncé leur intention de se constituer partie civile le cas échéant.