Ile-de-France: Retards et problèmes répétés sur le RER B, la SNCF et la RATP «s’expliquent»

TRANSPORTS La faute « vient des travaux du Grand Paris Express »…

Romain Lescurieux

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Illustration d'une rame bondée dans le RER B, en novembre 2009.
Illustration d'une rame bondée dans le RER B, en novembre 2009. — VALINCO/SIPA
  • 800.000 usagers empruntent le RER B quotidiennement
  • Depuis plusieurs mois, la situation est « critique », selon Valérie Pécresse

Cette conférence de presse était attendue, tant la situation était devenue insoutenable pour les quelque 800.000 usagers qui empruntent le RER B quotidiennement.

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Retards, dysfonctionnements, trains supprimés… Depuis plusieurs mois, en effet, la situation est devenue « critique » sur la ligne, a reconnu ce mardi, la présidente (LR) de la Région Ile-de-France et du Stif, Valérie Pécresse. « Le mois de mars a été marqué par un résultat catastrophique sur la partie sud, avec seulement 76 % de trains à l’heure sur la branche Saint-Rémy et 63 % sur la branche Plessis-Robinson, ces quatre derniers mois », ajoute celle qui a donc demandé des « explications » aux deux opérateurs : SNCF et RATP.

Pourquoi un tel chantier ?

« Nous sommes conscients des difficultés », affirme d’emblée le directeur général adjoint de la RATP, Philippe Martin. Mais à qui la « faute » ? Selon les deux entreprises ferroviaires, les difficultés sont liées au chantier du Grand Paris Express en gare d’Arcueil Cachan, qui a débuté en février et qui impose depuis une limitation de la vitesse de 30km/h dans cette zone (contre jusqu’à 90km/h le reste du temps). Et ce, pour les trains, qui plus est, sont omnibus.

« Cette offre présente très peu de marges de manœuvre », indique Valérie Pécresse qui précise que « personne n’avait prévenu » des conséquences de ces travaux, engendrant de nombreuses perturbations.

« Nous avons une exploitation très tendue, avec aucune marge au moindre incident majeur », ajoute Philippe Martin. Et malheureusement pour les usagers, il y en a eu. Le mois de mars a par exemple enregistré 40 incidents « majeurs » - problèmes de caténaires, colis suspect, malaises voyageurs - qui ont entraîné des longs retards et des suppressions de trains. Mauvaise nouvelle pour les usagers : les travaux sont prévus jusqu’en novembre.

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Alors, quelles solutions ?

Ni Valérie Pécresse, ni la RATP, ni le STIF n’avancent de mesures à court terme et misent sur un été moins problématique sur la ligne, car allégée de ses voyageurs. Ils veulent en revanche d’ores et déjà se projeter dans l’avenir et « tirer les enseignements de ce qu’il s’est passé », note Valérie Pécresse. Et pour cause. Les travaux du Grand Paris Express vont « durer 10 ans » et de nombreux travaux impacteront potentiellement le réseau existant. « Je n’accepterai pas que les travaux viennent perturber les transports du quotidien des Franciliens qui vont travailler », ajoute la présidente du Stif.

Ce mardi, elle a donc demandé que la Société du Grand Paris (SGP), en charge des travaux du Grand Paris Express, travaille à l’avenir « en concertation avec la région et les opérateurs », « se parle », et que « les heures de pointe soient sanctuarisées ». Enfin, elle a jugé important de réfléchir, « en concertation avec les associations d’usagers », à « un autre choix possible » : l’interruption de circulation pendant « trois ou quatre week-ends » au lieu de réduire la vitesse des trains.