Législatives: Copé, «Macron compatibles», poussée du FN… Les enjeux en Seine-et-Marne

POLITIQUE Pour le premier tour des élections législatives, 132 candidats se présentent en Seine-et-Marne. Sept des 11 députés souhaitent rempiler…

Camille Anger

— 

Jean-François Copé et Franck Riester, deux députés-maires sortants (LR) en Seine-et-Marne.
Jean-François Copé et Franck Riester, deux députés-maires sortants (LR) en Seine-et-Marne. — WITT
  • Huit députés Républicains avaient conquis des circonscriptions en Seine-et-Marne en 2012
  • Un éventuel rapprochement entre les LR et La République en marche est dénoncé par le FN

Jean-François Copé ne briguera pas une fois de plus un siège de député. Confronté à la loi de non-cumul des mandats, le maire LR de Meaux préfère agir pour « le développement de l’agglomération […] parce que c’est au niveau municipal que l’on peut vraiment améliorer la vie des Français ». Un choix en marge des 11 députés sortants de la Seine-et-Marne : cinq Républicains et deux socialistes rempileraient bien, eux. Dans ce département plutôt marqué à droite (huit circonscriptions acquises en 2012), l’arrivée de La République en marche (LREM) va-t-elle changer la donne ? Un département où Emmanuel Macron était en tête au premier tour de la présidentielle (23,11 %).

>> A lire aussi: Pourquoi la campagne des Républicains s'annonce (très) compliquée

Changement de cap. En 2012, dans la 7e circonscription, le PS a raté, à 70 voix près, une mandature de député. Bien qu’il soit nouveau, le duel entre les Républicains et La République en marche revêt ici un air de déjà-vu. Yves Abarello (LR), le député sortant, ne s’oppose plus à la socialiste Sophie Cerqueira mais à son suppléant de l’époque, Rodrique Kokouendo investi depuis par LREM.

« Ce type de candidature pose un problème de positionnement pour les électeurs », avance un ancien candidat  pessimiste sur l’avenir de son parti. « Les responsables PS n’ont pas assuré le renouvellement politique », lâche-t-il en référence au  basculement à droite de sept municipalités en 2014. Et de pointer quelques regrets sur la tendance actuelle. « Stéphane Jabut [l’actuel candidat socialiste dans la 7e circonscription] fait partie de la droite du PS, celle incarnée par Manuel Valls ou Dominique Strauss-Kahn. » En plus, une vague bleu marine a déferlé dans le secteur. A Claye-Souilly, le Front national a remporté le plus de suffrages au premier tour de la présidentielle (24,64 %).

Sur les pas de Macron. A Fontainebleau, principale commune de la 2e circonscription, là où Fillon a devancé Macron (36,81 % contre 26,50 % au premier tour de la présidentielle), la représentante du FN Marie Garcia dénonce l’investiture de La République en marche, un parti qui, à ses yeux, « représente une population privilégiée ».

Pour la frontiste, la candidate Estelle Rousseau (LREM), « fait le marchepied pied de Valérie Lacroute (LR) ». Cette dernière, députée élue en 2012, jugée « Macron compatible » avait appelé à suivre En Marche ! au second tour de la présidentielle. Cependant, l’officielle candidate macroniste, bien que novice dans cette campagne législative, peut peser dans le débat démocratique. Chef de projet en politique de la ville au sein de l’agglomération de Melun, cette native de Fontainebleau est également formatrice et experte pour l’Agence française du programme  Erasmus +. Sur le terrain, les Marcheurs surnomment Estelle Rousseau « Macron au féminin ».

Les anti-FN « Macron-compatibles ». Des ténors de la droite, deux députés sortants, font les yeux doux au parti de La République en marche. Egalement maire de Coulommiers dans la 5e circonscription, Franck Riester (LR) a signé l’appel à « répondre à la main tendue d’Emmanuel Macron ». Il n’a aucun candidat LREM à affronter, tout comme Yves Jego (UDI, ex-UMP). Avant sa dernière réélection à la tête de Montereau, le député de la 3e circonscription mettait déjà en avant les valeurs républicaines pour  faire barrage au FN.

>> A lire aussi: Baroin prône le «désistement» en cas de victoire possible du FN

Il reste à départager 132 candidats d’ici les 11 et 18 juin. La République en marche en a investi neuf sur les 11 circonscriptions. C’est autant que le PS et un peu moins que Les Républicains où l’UDI a pris l’ascendant à Montereau-Fault-Yonne. Le FN et La France insoumise sont, eux, représentés dans toute la Seine-et-Marne.