Législatives: Dans la 2e circonscription de Paris, «c’est le grand bazar»

POLITIQUE Ce seront 24 candidats qui s’affronteront lors du premier tour des élections législatives dans la 2e circonscription de Paris. « 20 Minutes » est allé tâter l’ambiance au marché de la place Monge (5e)…

Romain Lescurieux

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Ce vendredi matin de nombreux militants (LREM, PS et PCF) étaient présents au marché de la place Monge (5e)
Ce vendredi matin de nombreux militants (LREM, PS et PCF) étaient présents au marché de la place Monge (5e) — R.LESCURIEUX
  • 24 candidats s’affronteront dans cette circonscription qui regroupe le 5e arrondissement, une partie du 6e et une autre du 7e.
  • La guerre fait rage entre les candidats de droite.

« Chaud, chaud ! », s’égosille le primeur devant ses clients. Ce vendredi matin, de nombreux habitants du 5e arrondissement se sont rendus au marché de la place Monge, et les sollicitations étaient plus nombreuses que d’habitude.

« Bonjour Monsieur, vous votez ici ? », « Bonjour Madame, vous votez dans la 2e circonscription ? », débite à la chaîne un jeune homme arborant un tee-shirt La République en marche. La retraitée questionnée passe et poursuit sa route. « C’est le grand bazar. Il y a trop de candidats. On s’y perd », confie Jeanine, 75 ans, un peu plus loin, dans une autre allée.

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« Je suis de droite, mais là c’est compliqué »

24 candidats s’affronteront lors du premier tour des élections législatives dans cette 2e circonscription de Paris - cédée par François Fillon - qui englobe le 5e arrondissement, une partie du 6e et une autre du 7e. Et l’ambiance est électrique dans ce secteur considéré comme imperdable pour la droite.

Candidate officielle LR-UDI, NKM a, en effet, vu surgir la candidature de Jean-Pierre Lecoq mais aussi celle d’Henri Guaino. « Nous soutenons NKM et sa suppléante. Point. Les autres candidats se situent en marge », insiste Philippe Goujon, président de la Fédération de Paris des Républicains. rappelant que cette situation est « regrettable ». La principale concernée a estimé dans un entretien au Figaro que « la division et les dissidences sont la maladie sénile d’une partie des cadres de la droite parisienne. Les électeurs eux, sont un peu perdus. Et en colère.

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« Je suis de droite mais là c’est compliqué. A cause de ces caprices et des enfantillages, nous allons passer à côté. A chaque fois que la droite se bagarre, elle échoue », s’emporte Fanny, 78 ans et qui ne sait « pas encore pour qui voter ». « Ces histoires vont faire les affaires d’En Marche », lance, lui, Yulen, 29 ans. Vraiment ? On a demandé au candidat LREM, Gilles Le Gendre, s’il pensait pouvoir profiter de cette « guerre » de droite.

« Je ne rentrerai pas dans les querelles »

« Je ne profite de rien et je ne rentrerai pas dans les querelles. Moi je rassemble. Cette circonscription est la quintessence de la recomposition amorcée par notre président de la République », explique celui qui n’a « plus l’impression » que son secteur est « imperdable pour la droite ».

A côté, un couple se dit certain de voter pour Gilles Le Gendre, d’autres en revanche doute. « Moi je vote moyen… au centre je veux dire, enfin entre les deux, vous voyez. Mais là, je ne sais pas si j’ai envie de voter pour le parti d’Emmanuel Macron. Je pensais qu’il allait faire quelque chose de plus gonflé », affirme Jeanne, 82 ans. Et la gauche dans tout ça ?

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« Même une chèvre serait élue »

« On continue d’essayer de défendre nos valeurs de gauche. On espère que l’instabilité jouera en notre faveur », avance tracts dans la main, Pierre, 25, militant au PS. A côté de lui, un militant PCF ne se fait « pas trop d’illusion ». « Ici c’est une circonscription taillée sur mesure pour la droite. Il n’y a pas d’espoir pour la gauche. Mais chaque voix comptera pour appuyer l’action contre la casse du Code du travail », indique Pascal, 77 ans, précisant qu’« à partir du moment où il y a l’étiquette En Marche !, même une chèvre serait élue », rigole-t-il.

Non loin, un commerçant regarde dubitatif le « spectacle » et les allées et venues de tous ces militants. « Ils sont envahissants. Le dimanche c’est même compliqué de travailler. Ils sont combien de candidats déjà ici ? 21 ? 24 ? Ce n’est pas possible », lance-t-il près de caisse enregistreuse.