Prison de Fresnes: Une avocate contrainte d’enlever son soutien-gorge pour rendre visite à ses clients

SOCIETE Me Elise Arfi a alerté le Conseil de l’ordre du barreau de Paris...

20 minutes avec agence
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Maison d'a€™rrêt de Fresnes. C'est l'€™un des trois principaux établissements pénitentiaires de la région parisienne, et aussi l'un des plus importants de France.
Maison d'a€™rrêt de Fresnes. C'est l'€™un des trois principaux établissements pénitentiaires de la région parisienne, et aussi l'un des plus importants de France. — SIPA

Me Elise Arfi, qui se rend toutes les semaines à la prison de Fresnes pour s’entretenir avec ses clients, aurait été contrainte d’enlever son soutien-gorge ce lundi dans l’après-midi pour pénétrer dans le centre pénitentiaire du Val-de-Marne. « C’était très humiliant », a confié au Parisien l’avocate du barreau de Paris.

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Portique qui sonne et palpation

Selon Me Elise Arfi, le portique n’aurait cessé de sonner à son passage, même après que l’avocate s’est débarrassée « de tout, y compris [ses] chaussures ». « Comme ça continuait à sonner, il est devenu évident que c’était à cause de l’armature métallique de mon soutien-gorge », a raconté la jeune femme, expliquant que les surveillants avaient dès lors appelé une de leur collègue pour qu’elle réalise une palpation.

« Elle a constaté que je ne portais rien de suspect. Quand je suis repassée sous le portique [qui s’est par nature remis à sonner], l’un des surveillants s’est encore opposé à mon entrée. Quand je lui ai demandé si je devais enlever mon soutien-gorge, il m’a dit que c’était à moi de voir… », a encore raconté Me Arfi, qui est allée dans la rue retirer son vêtement.

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« Il n’y a donc eu aucun écart à la règle »

« Elle s’est énervée et qu’elle a retiré d’elle-même son soutien-gorge en refusant de procéder à la palpation. Il n’y a donc eu aucun écart à la règle », soutient de son côté la direction de la prison. Me Elise Arfi assure, elle, affirme avoir accepté la palpation : « En apprenant ce qui m’était arrivé, la surveillante qui avait procédé à l’acte est même venue me voir, elle était embêtée. »

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L’avocate a depuis été reçue par le directeur de la maison d’arrêt qui se serait excusé « des désagréments ». Des regrets qui n’ont pas empêché l’avocate d’alerter le Conseil de l’ordre du barreau de Paris.