Au fin fond de l'Ile-de-France, le court-voiturage dépanne pour accéder aux transports

REPORTAGE Se faire prendre en stop via un mobile, c'est possible. Autour de la vallée de la Chevreuse, les services d'autopartage sont mis en avant…

Camille Anger

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Les Molières, le 23 mai 2017. Karos, une application qui développe un système de co-voiturage, est mis à l'honneur dans la commune essonnienne.
Les Molières, le 23 mai 2017. Karos, une application qui développe un système de co-voiturage, est mis à l'honneur dans la commune essonnienne. — C.ANGER
  • Plusieurs communes de l'Essonne et des Yvelines valorisent les applis Oui Hop et Karos
  • Quand le réseau de transport en commun ne suffit pas, les applications peuvent pallier à ce manque

Sans grand enthousiasme de « toujours rouler seule », Vanessa emprunte le même trajet matin et soir, depuis quatre ans. Au mois d’avril, lorsque des affiches de Karos ont été placardées le long la rue principale de sa commune, Les Molières ( Essonne), cette professeure des écoles s’est inscrite sur l’appli. A la différence de Blablacar, Karos cible les trajets courts et réguliers. Cette appli créée en 2014 permet de repérer des trajets en fonction des déplacements habituels de ses utilisateurs. Pour rejoindre la gare RER de Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines), ce n’est pas la seule solution mais elle rend bien service.

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Plusieurs idées d’auto-partage

Ainsi, Vanessa prend la direction de Palaiseau tous les matins. Sur sa route, d’autres peuvent la rejoindre. « A cinq reprises », la professeure a transporté quelqu’un, « le temps d’une réparation de véhicule ». Si elle s’engage le matin, Vanessa ne peut « assurer le retour en fin de journée. » Entre les courses, les enfants, les loisirs, son agenda est plus aléatoire le soir.

Un seul bus passe par Les Molières. Une manière sûre de voyager mais qui reste limitée. La ligne n°39.13 circule surtout en début et fin de journée entre la gare RER la plus proche et Limours. Pour compléter ce service, le maire, Yvan Lubraneski a signé une « convention non reconductible » qui prévoit le versement de 2.000 euros à Karos*. « Nous voulions être des éclaireurs sur ce mode de transport volontaire mais également qu’il soit repris par la communauté de communes ou le département. » Il ajoute que « 3.000 utilisateurs de l’appli sont recensés en Essonne ».

Ce département a justement pris les devants. Dans le cadre du plan « économie et mobilité », le conseil départemental permet à tous les Essonniens de « court voiturer gratuit » jusqu’au 30 juin. Ainsi, il finance à hauteur de 100.000 euros ce service d’autopartage.

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Le parc naturel de la haute vallée de la Chevreuse met en avant une application similaire :  Oui Hop. Des panneaux sont visibles aux abords de la gare RER. De la même manière, les communes de Magny-les-Hameaux et Chevreuse valorisent ce service d’auto-stop connecté. Le but : « faciliter la vie des 2.000 usagers de la gare », indique Oui Hop sur sa page Internet.

Une publicité pour Oui Hop, une appli d'auto-stop urbain, installée dans la gare RER de Saint-Rémy-lès-Chevreuse
Une publicité pour Oui Hop, une appli d'auto-stop urbain, installée dans la gare RER de Saint-Rémy-lès-Chevreuse - C.ANGER

Laurent Maghdiesiam, fondateur de l’appli créée en 2015, a remarqué un « boom de réservations aux heures creuses, surtout entre 12 heures et 14 heures, dans ce secteur où l’auto-stop est déjà courant. » Oui Hop, en Ile-de-France, « c’est 35.000 utilisateurs », détaille-t-il. Moyennant l’achat d’un pass illimité de 2 euros valable 30 jours, le piéton choisit un conducteur parmi un flux de voitures qui circule en temps réel sur son trajet.

Cédric finit son travail tard le soir. « J’aime bien le concept alors j’ai téléchargé l’appli ». Mais il reste fidèle à ses habitudes. Il se sert du Noctilien pour rejoindre son domicile. « Oui Hop, ce n’est pas vraiment pratique quand tu finis ton travail à minuit ». Dans d’autre cas, il fait appel à des chauffeurs VTC.

* Les porteurs du pass Navigo bénéficient de deux trajets gratuits par jour en Ile-de-France.