Paris: Des voitures (électriques) vont circuler pour mesurer la pollution de l'air

ENVIRONNEMENT Un dispositif inédit – Pollutrack – pour mesurer la pollution de l’air est lancé en région parisienne…

Camille Anger

— 

Paris, le 22 mai 2017. Loïc, Alexandre, Eric et Philippe, des agents du groupe Enedis, conduisent des voitures électriques dotées de capteurs mobiles de pollution de l'air, des petits boîtiers bleu posés sur le toit.
Paris, le 22 mai 2017. Loïc, Alexandre, Eric et Philippe, des agents du groupe Enedis, conduisent des voitures électriques dotées de capteurs mobiles de pollution de l'air, des petits boîtiers bleu posés sur le toit. — C.ANGER
  • Un nouveau capteur de particules fines améliore le calcul déjà mené par Airparif
  • Grâce aux capteurs mobiles, une cartographie sera publiée en temps réel pour connaître les taux de particules fines présents dans divers lieux de la capitale
  • Le grand public aura accès à ces données à la fin de l’année 2017

Ces capteurs de pollution se fondent dans le paysage urbain. Une soixantaine de boîtiers bleus, posés sur le toit des voitures du groupe Enedis, permettent de mesurer le taux de particules fines dans l’air en Ile-de-France. D’ici l’été, 300 véhicules en seront dotés. « Les mini-stations complètent le système actuel mis en place par Airparif », introduit son directeur Frédéric Bouvier. Ce dispositif – Pollutrack – permettra, à terme, de mieux cibler les lieux de pollution.

>> A lire aussi: Où peut-on respirer (moins mal) en France ?

Un relevé de la qualité de l’air en temps réel

Jusqu’alors, six millions de datas sont traitées toutes les heures grâce à « une quinzaine de capteurs placés dans différents lieux de la capitale » : Beaubourg, Porte Dorée, Porte d’Auteuil… Selon Airparif, association chargée de surveiller la qualité de l’air, « les plus gros points de relevés coûtent 200.000 euros ». A contrario, les prix des nouveaux capteurs recouverts de plastique s’échelonnent de 350 à 500 euros.

Avant la fin de l’année, le grand public aura accès à une nouvelle cartographie pour connaître en temps réel le taux de particules en suspension dans la région. Airparif continuera de comparer les taux des particules de 2,5 et de 10 microns de diamètre (PM 2,5 et PM 10) par rapport aux valeurs réglementaires, comme elle le réalise avec l’application Itiner’Air. Mais cet outil deviendra plus précis grâce aux capteurs mobiles qui transmettront des données toutes les 20 secondes au serveur d’Airparif à l’aide de la 3G.

Paris, le 22 mai 2017. L'application Itiner'Air permet de connaître le taux de pollution de différents quartiers en Ile-de-France.
Paris, le 22 mai 2017. L'application Itiner'Air permet de connaître le taux de pollution de différents quartiers en Ile-de-France. - C.ANGER

Intégrés à la flotte du fournisseur d’électricité Enedis, « les nouveaux capteurs fonctionnent 24 heures/24 ». Alexandre a déjà eu l’occasion de rouler à bord d’un véhicule électrique doté du boîtier bleu. Cet agent qui circule dans Paris a vélo sait déjà qu’une fois mise en place, il se servira de la cartographie. « J’adapterai mon circuit en fonction des indices de pollution transmis », indique-t-il.

>> A lire aussi: «Fumer une cigarette est plus nocif que respirer l’air de Paris»

Pour protéger les enfants

La création du dispositif Pollutrack revient à Planet Watch 24. « Le but de cette démarche, c’est de faire sortir le diesel de Paris. Le gasoil devrait être réservé aux longs trajets », explique Philippe Poincelet, chef des opérations en Europe du think tank chargé de soutenir des projets écologiques pour la mairie de Paris. « Nous avons un rôle de leader et envie que nos enfants respirent », assume Anne Hidalgo. L’expérimentation de ces capteurs constitue « une première mondiale ». Elle est suivie de près par des associations environnementales.

Paris, le 22 mai 2017. Le groupe Enedis va équipe sa flotte de 300 capteurs de particules fines.
Paris, le 22 mai 2017. Le groupe Enedis va équipe sa flotte de 300 capteurs de particules fines. - C.ANGER

Olivier Blond, président de l’association Respir requiert les témoignages liés à la pollution de l’air, notamment ceux des habitants proches du périphérique. Au cours d’une intervention dans une classe de 25 élèves à Pantin, il a découvert que « le quart des élèves se déclaraient asthmatiques ». A ses yeux, les habitants du nord-est de Paris incarnent « des victimes absolues ».

>> A lire aussi: Teuheu, teuheu... Plus d'un Terrien sur dix respire un air de mauvaise qualité

Ces inflammations des voies respiratoires sont bien imputables à la présence des particules fines selon Bruno Housset, professeur pneumologue et président de la Fondation du souffle. Il ressent « l’urgence de considérer les pics de pollution mais aussi la sommation de ces effets tout au long de la vie car cela peut jouer sur la santé des enfants à naître ». Environ 6.500 personnes par an meurent de la pollution sur le territoire du Grand Paris.