Paris: «On nous contrôle tout le temps»... La «galère» des riverains de Macron dans le 7e

REPORTAGE Depuis l’entre-deux-tours, un dispositif de surveillance est mis en place rue Cler, dans le 7e arrondissement de Paris. Là où Emmanuel Macron a élu domicile après son départ de Bercy…

Camille Anger
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Paris, le 17 mai 2017. La rue Cler en partie fermée depuis l'entre-deux-tours de la Présidentielle.
Paris, le 17 mai 2017. La rue Cler en partie fermée depuis l'entre-deux-tours de la Présidentielle. — C.ANGER
  • Lorsqu’Emmanuel Macron a quitté le ministère de l’Economie et son appartement de Bercy, il est venu habiter un logement de la rue Cler (7e).
  • Un dispositif de sécurité a été déployé dans la rue depuis l’élection présidentielle.

 

Mercredi, des policiers surveillent une partie de la rue Cler. « Cela remonte à l’entre-deux-tours », annonce un agent de la propreté de la ville. Il s’en satisfait car « c’est plus propre depuis ». Le passage est bloqué en ce début d’après-midi. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence, la situation est courante dans cette partie du 7e arrondissement de Paris. Sauf que là, un camion chargé de sacs bloque l’avancée d’une Renault. La scène crée un petit attroupement aux abords du logement choisi par Emmanuel Macron après sa démission du ministère de l’Economie en août 2016. « C’est la voiture de Macron », lance une riveraine.

Les forces de l’ordre contrôlent l’accès avec des barrières. « Prendre des photos, c’est un motif de contrôle », déclare un des agents. « Vous avez le droit d’utiliser votre appareil mais pas avec abus », poursuit-il.

« Le dispositif de sécurité est monté au fur et à mesure des élections »

A l’entrée du collège Jules-Romain, un trentenaire se plaint. « On nous contrôle tout le temps pour aller travailler, c’est galère », annonce-t-il. A côté, William se montre plus compréhensif par rapport à la présence de la police. « Le dispositif de sécurité est monté au fur et à mesure des élections. Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, les policiers sont apparus en tenue mais la rue n’était pas encore barrée. » Les barrières, il les a vues à son retour de congés, jeudi. Le quadragénaire décrit des « contrôles variables », des demandes pour « fouiller les sacs, montrer sa carte d’identité » et il soupçonne « la présence d’officiers en civil ».

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« Les parents d’élèves ne peuvent plus venir en voiture pour déposer ou venir chercher leurs enfants ». Une jeune fille salue sa grand-mère à la porte. « C’est vrai qu’il faut pouvoir s’organiser avec cette rue bloquée. Je m’arrange avec mon mari qui se gare plus loin », déclare la retraitée.

Toujours selon William, un « communiqué » a été adressé pour informer du départ d’Emmanuel Macron de son logement vers l’Elysée « pour la quiétude du voisinage ». Pour des questions de sécurité, ni la préfecture de police, ni le Ministère de l’intérieur n’ont pu détailler le dispositif de protection des personnalités politiques.

François Bayrou, tout juste nommé ministre de la Justice, réside également à cette adresse. Dans le quartier, cela n’a rien d’extraordinaire. « Je le vois souvent marcher jusqu’à l’Assemblée nationale », confie un riverain. Une proximité comparable à celle d’Emmanuel Macron ? « Avant le débat des onze candidats, il a traversé la chaussée pour venir nous saluer », assure William pour qui le Président « qu’il a souvent vu sortir de son domicile a toujours été très cool ». Selon Sud Radio, Brigitte Macron aimerait garder l’appartement. Pas dit que les commerçants voient encore débarquer le couple présidentiel en catimini.