Un data center chauffe l'eau d'une piscine de Paris à 27°C

ECOLOGIE La piscine de la Butte-aux-Cailles, à Paris, est la première à être dotée d’une chaudière numérique. Un mode de chauffage économique et écologique…

Camille Anger

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Paris, le 17 mai 2017. Un système de chaudière numérique chauffe l'eau de la piscine de la Butte aux cailles.
Paris, le 17 mai 2017. Un système de chaudière numérique chauffe l'eau de la piscine de la Butte aux cailles. — C.ANGER
  • Les deux bassins, intérieur et extérieur, de la piscine de la Butte-aux-Cailles sont chauffés par des serveurs informatiques
  • Les six chaudières installées permettent de réaliser une économie de 45 tonnes de CO2 par an

Après les pompes à chaleur et le chauffage urbain, voici le chauffage numérique. La piscine de la Butte-aux-Cailles accueille dans le sous-sol des serveurs qui transfèrent de la chaleur dans les bassins intérieur et extérieur. Un système qui fonctionne 24 heures/24 pour les deux piscines ouvertes toute l’année.

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De la chaleur recyclée par des serveurs 

Pour garder l’eau du bassin extérieur de 25 mètres de long à une température de 27 °C, même en hiver, l’utilisation de la chaleur produite par les serveurs informatiques est judicieuse. Ces derniers, immergés dans un bain d’huile, sont couplés à unsystème de chauffage de la piscine par un jeu d’échangeurs. « Nous n’avons plus besoin d’ajouter un système de climatisation pour nos serveurs grâce à ce système car la chaleur repart vers les bassins », déclare Christophe Perron, président fondateur de Stimergy. Cette entreprise a remporté l’appel d’offres de la mairie de Paris lancé en 2015 dans le cadre de son plan climat. Du fait d’une très faible perte d’énergie, le rendement de leur data center est évalué à 95 %.

Paris, le 15 mai 2017. Des serveur informatiques installés au sous-sol de la piscine de la Butte aux Cailles.
Paris, le 15 mai 2017. Des serveur informatiques installés au sous-sol de la piscine de la Butte aux Cailles. - C.ANGER

Stimergy revend la chaleur 15 à 20 % moins cher que la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), fournisseur d’énergie de l’établissement. L’entreprise spécialiste des chaudières numériques revend à la mairie de Paris 8 à 9 centimes le kWh. Le système couvre entre 8 et 10 % des besoins de consommation de la piscine. « Cette énergie renouvelable peut également être classée "récupérable" parce qu’elle n’engendre aucun surcoût environnemental. Cela permet d’économiser 45 tonnes de CO2 par an », poursuit Arnaud Guillen de Stimergy.

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Une autre entreprise bénéficie du data center, Team To. Stimergy devient l’hébergeur de l’antenne parisienne de ce studio d’animation 3D qui peut ainsi développer sa capacité de calcul pour produire des films.