La prière, dans une mosquée. Ilustration.
La prière, dans une mosquée. Ilustration. — P. Magnien - 20 Minutes

JUSTICE

Seine-Saint-Denis: Pourquoi la mosquée de Stains, fermée pour islam radical, va rouvrir?

Les gérants de la mosquée ont pris un certain nombre de mesures pour s’éloigner de l’islam radical qui y était prêché…

  • Réouverture probable de la mosquée le « 19 mai »
  • Des figures du terrorisme ont fréquenté cette mosquée de Stains
  • Des imams modérés recrutés

Recrutement d’imams modérés, installation de caméras de vidéosurveillance, création d’une équipe de « vigilance »… Le ministère de l’Intérieur a annoncé mercredi la réouverture de la mosquée Al Rawda de Stains, en Seine-Saint-Denis, probablement le « 19 mai ». Une première en France, motivée par l’engagement des gérants de prendre un certain nombre de « mesures » visant à s’éloigner de l’islam radical.

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En novembre 2016, le lieu de culte, qui accueillait jusqu’à 600 fidèles lors de la prière du vendredi, avait été fermé dans le cadre de l’état d’urgence. Selon les autorités, les prêches radicaux menaçaient l’ordre public. Il a également été établi que la mosquée comptait parmi ses fidèles quelques grandes figures du terrorisme :  Fabien Clain, l’une des « voix » des attaques du 13 novembre, Adrien Guihal qui a revendiqué les attentats de Magnanville et de Saint-Etienne-du-Rouvray, les commanditaires de l’attaque ratée de l’église de Villejuif… Sans compter plusieurs départs de fidèles vers la Syrie. En janvier, le Conseil d’État, saisi par l’association dirigeante, le Centre culturel franco-égyptien, avait confirmé la fermeture de la mosquée.

« Equipe de vigilance » et caméras de surveillance

« Lors des procès, nous avons compris les reproches qui nous étaient faits », a déclaré à l’AFP Mohammed Henniche, secrétaire général de l’Union des associations musulmanes du 93. Les gérants ont décidé de « se séparer de l’imam radical » qui officiait dans la mosquée et de « recruter des imams modérés », a précisé le ministère dans son communiqué. Ils seront trois, à officier à tour de rôle. Le but : faire en sorte que la mosquée « ne tombe pas sous l’emprise d’un seul imam », a précisé l’associatif.

Une dizaine de fidèles sera également chargée « d’alerter sur les comportements et les expressions contraires aux valeurs de la République », a détaillé le ministère. Cette « équipe de vigilance » développera également un « contre-discours face aux phénomènes de radicalisation », en faisant intervenir dans la mosquée des « personnalités reconnues » en la matière.

« Un signal positif »

Autre garantie apportée : l’installation de caméras de vidéosurveillance à l’intérieur et aux abords de la mosquée afin notamment de prévenir la constitution de groupes « susceptibles de diffuser des messages radicaux », a précisé la place Beauvau. Toutes ces mesures suffiront-elles à réformer en profondeur la mosquée ? La décision du ministère de l’Intérieur est en tout cas interprétée comme « un signal positif » pour « l’ensemble des lieux de culte aujourd’hui fermés », soit environ une vingtaine a réagi dans un communiqué les avocats de l’association, William Bourdon et Vincent Brengarth.