«Un grand projet pour le rayonnement de la capitale»

INTERVIEW Françoise de Panafieu, députée-maire du 17e, candidate UMP à la Mairie de Paris...

Propos recueillis par Magali Gruet et Mickaël Bosredon

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Jean-Marie Cavada, qui a rompu avec François Bayrou pour diriger une liste soutenue par l'UMP aux municipales à Paris, a annoncé lundi le lancement d'"Avenir démocrate", un "forum d'action politique", en présence d'autres anciens du Mouvement démocrate.
Jean-Marie Cavada, qui a rompu avec François Bayrou pour diriger une liste soutenue par l'UMP aux municipales à Paris, a annoncé lundi le lancement d'"Avenir démocrate", un "forum d'action politique", en présence d'autres anciens du Mouvement démocrate. — Olivier Laban-Mattei AFP/Archives

Françoise de Panafieu, députée-maire du 17e, candidate UMP à la Mairie de Paris.

Vous répétez que Paris manque d'un grand projet. Quel serait le vôtre ?

La candidature à l'Exposition universelle de 2020. Paris ne s'est pas remis de l'échec des JO de 2012, et n'a plus aucun projet structurant. Cette perspective relancerait l'activité économique, la construction, l'aménagement du territoire... Même si, bien entendu, elle doit s'inscrire dans le cadre du Grand Paris. Ce projet contribuerait incontestablement au rayonnement de la capitale. Un tel événement, cela veut dire 80 hectares à aménager. Les bâtiments construits par les pays participant à l'Expo pourraient être à vocation culturelle, économique... Nous avons déjà identifié un site dans l'Est parisien, et je travaille avec les communes riveraines concernées. C'est un projet à plusieurs dimensions.

Que voulez-vous dire ?

Le maire doit avoir une dimension locale, afin de pouvoir répondre aux besoins quotidiens des Parisiens. Il y a la dimension régionale : nous devons réaliser le Grand Paris pour travailler ainsi avec environ 120 communes de la banlieue, dans un périmètre qui inclut les aéroports, et un lieu comme Villepinte, destiné à devenir le grand lieu d'exposition du Grand Paris. Enfin, le maire de Paris doit avoir une dimension européenne et internationale, pour mettre la ville au premier rang des capitales européennes.

Concernant le développement économique, vous soulignez un manque de propositions chez le maire sortant. Mais quelles sont les vôtres ?

Un maire moderne, c'est un maire manager. A chaque occasion, j'associerai le pouvoir économique, dans mes déplacements, et dans la gestion quotidienne. J'aurai à mes côtés un «think tank» composé entre autres de chefs d'entreprises, ainsi que des représentants de la chambre de commerce et d'industrie, et de la chambre des métiers. Aucune décision ne sera prise sans les avoir consultés. Je veux aussi installer 40.000 m2 d'éco-pépinières, et instituer l'exonération de la taxe professionnelle pour toute TPE qui crée un deuxième emploi. Il faut montrer aux entreprises qu'elles sont les bienvenues ; en échange, je leur proposerai des partenariats pour participer au financement des grands travaux que la Ville doit réaliser (la couverture du périphérique par exemple). Les entreprises pourront y participer dans le cadre d'un partenariat public-privé ; en contrepartie, elles obtiendraient des droits à construire sur les espaces libérés.

Vous voulez créer des bâtiments pour accueillir les entreprises. Avec un programme de 24.000 constructions de logements pendant la prochaine mandature, est-ce qu'il ne va pas se poser un problème de place?

Non, il y a encore 300 hectares à construire à Paris. Le problème, c'est que le maire a fait voter un Plan local d'urbanisme très contraignant, puisque nous ne pouvons pas construire plus haut que 37 mètres. Aux Batignolles, j'aimerais pourtant qu'un grand architecte vienne bâtir éventuellement une tour destinée uniquement à de l'activité économique. Pour faire revenir les entreprises à Paris, j'engagerai la construction, sur la mandature, de 500 000 m2 de surfaces destinées aux bureaux, à l'artisanat, aux locaux commerciaux et aux pépinières d'entreprises. Pour préparer l'avenir, je créerai trois technopôles dans les secteurs des nouvelles technologies de l'information, des biotechnologies et des technologies de l'environnement.

Et concernant le petit commerce parisien, de plus en plus menacé?

Je veux lutter contre la monoactivité commerciale, et redessiner les zones touristiques en vue d'ouvrir les magasins le dimanche, dans certains endroits de Paris, comme à la Villette ou sur l'ensemble du quartier des Champs-Elysées, en accord avec les maires d'arrondissement.

Vous dites que l'activité économique ne peut se développer que dans un Paris où l'on se déplace facilement. Quelles sont vos priorités en matière de transports?

Je veux plus d'efficacité en surface, avec un vrai contrat de rue incluant un plan «fréquence garantie» pour les bus, avec un bus toutes les cinq minutes aux heures de pointe ; de nouveaux minibus de quartier ; une circulation fluidifiée en journée, avec des couloirs de bus ouverts aux véhicules propres et hybrides hors des heures de pointe ; un traitement prioritaire des dix points noirs bloqués et dangereux (Magenta, Saint-Marcel, Montparnasse...). Je souhaite interdire l'accès de Paris et du périphérique aux véhicules polluants et aux camions, et que d'ici à 2014, seuls les véhicules répondant aux normes européennes soient autorisés à circuler dans la capitale. Je lancerai un grand plan pour les personnes à mobilité réduite. Toutes les lignes de bus et les principales stations de métro leur seront accessibles en 2014.

Je souhaite par ailleurs que la Ville s'engage dans des investissements indispensables en sous-sol, comme la prolongation de la ligne 14 (pour dédoubler la ligne 13) ou celle du RER E (Eole) vers la Défense, et qu'elle participe activement au projet Métrophérique, rocade ferroviaire autour de Paris permettant les liaisons banlieue-banlieue.

Enfin, je veux créer vingt parkings souterrains réservés en priorité aux riverains et créer cinq mille emplacements par an pour les deux-roues motorisés.

Une des thématiques qui vous distingue le plus de Bertrand Delanoë, c’est le logement. Il propose le financement de 40.000 logements sociaux, vous la construction de seulement 24.000 logements…

Mon programme est réaliste. Surtout, il permettra de relancer de la construction de logements, qui s’est effondrée sous la mandature de Bertrand Delanoë. Pourquoi cela ? Parce que les délais de réponse aux demandes de permis de construire des promoteurs immobiliers atteignent désormais un an et demi, voire deux ans. Je m’engage à créer un adjoint uniquement dédié aux permis de construire, qui s’engagera à donner une réponse dans les six mois, faute de quoi le permis de construire sera automatiquement accordé.

Vous avez été adjointe à la Culture par le passé. Comptez-vous créer de nouveaux événements dans ce domaine?

Oui, je pense à un grand rendez-vous sur un mois, qui associerait les 27 pays européens. Chaque pays proposerait un événement, ainsi, Paris pourrait montrer ce que sait faire l’Europe aujourd’hui. Je voudrais aussi mettre en place un festival de musique sur une semaine, avec cinq grands concerts gratuits sur les cinq grandes places de Paris. Je suis allée voir les Rolling Stones au Stade de France, et je me suis demandé pourquoi ils donnaient un concert à cet endroit, et pas sur une place parisienne?

Attaque Gérard Rey, élu PS du 12e, est écoeuré. Avant-hier après-midi, quelques heures après avoir annoncé qu'il rejoignait la liste UMP de Jean-Marie Cavada dans l'arrondissement, des militants socialistes ont occupé de force et condamné le local de la section du PS (150, avenue Daumesnil), appartenant selon Gérard Rey, à l'association «la gauche sociale», dont il est président. « On m'a rapporté qu'ils étaient une vingtaine et que parmi eux se trouvait le directeur de campagne de Michèle Blumenthal, tête de liste PS du 12e », a indiqué Gérard Rey. Ecarté des municipales par le PS, l'élu avait demandé le 27 décembre au parti de trouver de nouveaux locaux. «C'est une action minable, violente et politique», a-t-il commenté. Gérard Rey envisage de mener une action en référé pour récupérer légalement son local, mais ne souhaite pas porter plainte. «Je fais de la politique, pas de la boxe», a-t-il lâché.