Le parquet de Paris ouvre une enquête après des fuites sur internet de fiches de suspects signalés

JUSTICE Cette enquête est confiée à l’Inspection générale de la police nationale...

20 Minutes avec AFP

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Des policiers dans la gare du Nord, à Paris.
Des policiers dans la gare du Nord, à Paris. — Tony Hicks/AP/SIPA

Une enquête préliminaire a été ouverte par le Parquet de Paris après les récentes fuites sur les réseaux sociaux de fiches de police de personnes recherchées, sur fond de menace djihadiste, a appris mardi l’AFP de source judiciaire.

Cette enquête confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », est ouverte pour « violation du secret professionnel et recel de ce délit », a précisé cette source.

La gare du Nord évacuée

Elle fait suite à la publication sur les réseaux sociaux de fiches de diffusion d’individus signalés, n’ayant aucunement vocation à être rendues publiques, a détaillé la même source.

Les investigations doivent permettre de déterminer les conditions dans lesquelles ces fiches ont pu être diffusées, notamment sur le compte Twitter du photo-reporter Jean-Paul Ney, suivi par plus de 28.000 abonnés, dans un contexte de menace djihadiste élevée en France, cible d’une vague d’attentats qui a fait 239 morts depuis janvier 2015.

L’ouverture de cette enquête intervient après une importante opération policière à la gare du Nord à Paris qui était évacuée dans la nuit de lundi à mardi pour vérifier la présence de trois personnes recherchées dans un train venant du nord de la France.

Jean-Paul Ney déjà condamné

Dès samedi, les fiches de recherche de trois individus avaient commencé à circuler, tweetées notamment par Jean-Paul Ney.

Il y a quelques semaines, il avait déjà publié un tweet similaire le soir de l’attentat sur les Champs-Elysées, le 20 avril, où un délinquant multirécidiviste, Karim Cheurfi, avait tué un policier dans une attaque revendiquée par l'organisation de l'Etat islamique. Il avait diffusé sur Twitter l’identité d’un individu suspect, signalé par la Belgique comme pouvant se rendre à Paris pour y commettre un attentat, qui s’est avérée être différente de celle de l’assaillant.

Jean-Paul Ney a été condamné en octobre 2016 à 3.000 euros d’amende pour avoir divulgué l’identité des frères Kouachi, qui ont attaqué Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 (12 morts), alors que les forces de l’ordre étaient lancées sur leurs traces.

Le procureur de Paris, François Molins, avait déploré ces fuites, qui avaient ruiné « tout espoir de surprise » dans la traque des frères Kouachi.

Ces fiches de police qui contiennent photo de l’individu recherché et des informations sur un éventuel niveau de dangerosité doivent permettre aux forces de l’ordre d’interpeller des suspects s’ils sont aperçus.