Présidentielle: Pour fêter la victoire, les autorités réfléchissent à un dispositif «type fan-zone»

INFO «20 MINUTES» Le ministère de l’Intérieur négocie avec les équipes de campagne des deux candidats second tour pour mettre en place un dispositif adéquat pour fêter la victoire…

Caroline Politi

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Emmanuel Macron et Marine Le Pen (montage).
Emmanuel Macron et Marine Le Pen (montage). — ALAIN JOCARD, Eric FEFERBERG / AFP
  • Aucun lieu n'a encore été arrêté par les deux candidats pour fêter la victoire
  • Les équipes de campagne discutent avec le ministère de l'Intérieur pour trouver un dispositif adapté dans ce contexte d'état d'urgence. 

Souvenez-vous, c’était il n’y a pas si longtemps. Cinq ans, exactement. Le 6 mai 2012, à 20 heures pétantes, le visage de François Hollande, crédité de 52 % des voix, apparaît sur l’écran géant installé sur la place de la Bastille, à Paris. Ses sympathisants exultent. Peu à peu, la foule grossit. A 21 heures, il est quasiment impossible de faire le moindre pas. A minuit passé, quand le président fraîchement élu monte sur la scène, la place est toujours noire de monde. La fête durera presque toute la nuit.

Ce dimanche, le scénario sera indubitablement différent. Parce qu’évidement, les candidats qualifiés au second tour de la présidentielle sont inédits mais surtout parce que le contexte a changé. Depuis, la France a connu une vague d’attentats sans précédent et l’état d’urgence est systématiquement prorogé depuis le 14 novembre 2015.

Ce dimanche, comme au premier tour du scrutin, 50.000 policiers et gendarmes supplémentaires seront déployés partout en France, en plus des militaires de l’opération Sentinelle. Malgré ce dispositif exceptionnel, une « mobilisation populaire spontanée est difficilement envisageable » après les résultats, indique une source proche du dossier.

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Filtrage et fouilles

Selon nos informations, le ministère de l’Intérieur est actuellement en train de négocier avec les équipes de campagne des deux candidats pour mettre en place un dispositif adéquat au soir du second tour. Pour l’heure, aucun lieu n’a été arrêté pour réunir les militants mais les autorités et les candidats s’orienteraient vers une organisation rappelant celle des fan-zones de l’Euro 2016. « Il faut un dispositif nous permettant de filtrer la population, d’organiser des fouilles mais également de se prémunir contre les risques d’attaque à la voiture bélier », nous précise-t-on.

Outre la crainte d’une attaque terroriste, les autorités anticipent également le risque d’affrontements entre militants et de manifestations sauvages, auxquelles se mêleraient casseurs et membres des Black Blocs -des militants radicaux se réclamant généralement de la mouvance antifasciste. Après le premier tour, environ200 personnes avaient arpenté les rues de la capitale, provoquant de nombreux dégâts, notamment dans le 10e arrondissement. Pour limiter ce risque, de nombreuses équipes mobiles devraient être déployées dans plusieurs lieux sensibles de la capitale.