Manifestation du 1er mai: D’Alep à Paris, l’histoire de Zakaria Abdelkafi, auteur de la photo du CRS en flammes

SOCIETE Le photographe syrien Zakaria Abdelkafi a couvert le siège d'Alep pour l'AFP avant d'être blessé à l’œil et de trouver l'asile politique en France...

20 Minutes avec agence

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Un CRS a été grièvement brûlé lundi en marge des manifestations du 1er mai.
Un CRS a été grièvement brûlé lundi en marge des manifestations du 1er mai. — Zakaria ABDELKAFI/AFP

Sa photo a fait le tour du monde mais son histoire est moins connue. Zakaria Abdelkafi est l’auteur de la photo du CRS en feu après avoir été visé par un cocktail molotov lors des affrontements qui ont accompagné les manifestations du 1er mai à Paris.

Le photographe syrien couvrait les événements parisiens pour l’AFP mais, auparavant, c’est le conflit syrien et ses terribles conséquences sur la ville d’Alep et ses habitants qu’avait choisi d’immortaliser le journaliste de 2013 à 2015 pour l’agence française.

« Je n’ai pris qu’une seule arme : mon appareil photo »

Une mission que le militant de la résistance civile a d’abord effectuée en amateur. « Je n’ai pris qu’une seule arme : mon appareil photo, pour documenter les crimes du régime de Bachar Al-Assad contre les citoyens et les civils. Et, sur le terrain, je devenais tour à tour ambulancier, infirmier, je donnais de la nourriture aux gens. C’était ma manière de résister. En 2013, je me suis formé pour devenir reporter de guerre », racontait Zakaria Abdelkafi dans L’Obs en mars 2016.

« C’est mon travail, je suis là pour montrer ces choses »

Cette expérience a amené le Syrien à se trouver dans la situation qui lui a permis de prendre cette photo-symbole des violences envers les policiers. « Avec mon passé, je sais comment me placer pour être au bon moment au bon endroit », explique-t-il au Parisien.

Et d’ajouter : « dès que j’ai vu la photo, j’ai su qu’elle allait faire le tour du monde, car elle est difficile à prendre. En même temps, j’étais triste car je savais que le succès de cette photo se ferait sur la douleur de cette personne en train de brûler. Mais c’est mon travail, je suis là pour montrer ces choses. » Le CRS pris pour cible a en effet été grièvement brûlé lors de l’attaque.

Blessé en 2015 et désormais réfugié politique

Et si Zakaria Abdelkafi se trouvait à Paris en ce 1er mai, ce n’est pas par hasard. En septembre 2015, le photojournaliste a en effet reçu dans l’arcade sourcilière une balle tirée par un combattant loyaliste et a perdu l’usage de son œil malgré une opération.

Le jeune homme a ensuite été soigné en France, où un œil artificiel lui a été implanté. Désormais réfugié politique et hébergé par une famille d’accueil, le Syrien ne peut plus retourner dans son pays. « Les journalistes y sont interdits. Ici, je peux faire mon travail. Là-bas, je suis une cible », dénonce le photographe de presse.